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Ukraine : entre destruction et négociations, le front reste chaud

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Les attaques russes se poursuivent alors que les négociations reprennent ce mercredi entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis, dans le but de trouver une solution au conflit. Le président américain Donald Trump a semblé mettre son homologue russe face à ses responsabilités.
Ukraine : entre destruction et négociations, le front reste chaud
Des pompiers ukrainiens éteignent un feu dans le village de Bilopillia après un bombardement russe de cette localité de la région de Soumy

Dans un contexte toujours incertain, les équipes de négociation ukrainienne, russe et américaine se retrouvent mercredi à Abou Dhabi pour faire progresser des discussions complexes visant à mettre fin à quatre années de guerre en Ukraine.

De nouvelles frappes russes massives ont visé des infrastructures énergétiques du pays. Mardi, Donald Trump a déclaré vouloir que Vladimir Poutine « mette fin à la guerre », après que ces attaques ont notamment touché Kiev, mettant fin à quelques jours de répit obtenus grâce à son intervention. Cette offensive, impliquant des centaines de drones et de missiles, a provoqué de nouvelles coupures de chauffage et d’électricité dans la capitale et plusieurs grandes villes d’Ukraine, alors que les températures nocturnes descendent jusqu’à -20 °C.

« Chaque frappe de ce type montre que Moscou persiste dans sa stratégie : la guerre et la destruction de l’Ukraine restent leur priorité, et la diplomatie n’a pas de poids pour eux », a dénoncé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il a précisé que « le travail de l’équipe de négociation ukrainienne sera ajusté en conséquence », sans donner davantage de détails.

La question des territoires

Russes, Ukrainiens et Américains s’étaient déjà rencontrés aux Émirats arabes unis fin janvier pour examiner le plan proposé par Washington afin de mettre fin à la guerre. Depuis l’invasion russe de février 2022, ce conflit est devenu le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.

Le principal point de friction reste la question des territoires. Pour que le conflit cesse, il suffirait que la Russie se retire des zones occupées illégalement. Cependant, Moscou réclame paradoxalement que les forces ukrainiennes quittent certaines zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse tout en craignant que Washington ne soutienne la position russe, comme cela a parfois été le cas. Ce territoire industriel et minier de l’est du pays est l’épicentre des combats et abrite les principales défenses ukrainiennes contre les assauts russes. L’Ukraine propose un gel du front à la ligne de démarcation actuelle, considérée comme le moindre mal après des années de guerre dévastatrice.

Négociateurs et diplomatie

Le nouveau cycle de discussions, prévu mercredi et jeudi, avait été reporté en raison de « problèmes de calendrier » selon le Kremlin. La délégation ukrainienne est dirigée par Roustem Oumerov, chef du Conseil de sécurité nationale et ancien ministre de la Défense, reconnu pour ses compétences diplomatiques. Elle comprend également Kyrylo Boudanov, chef de l’administration présidentielle et ancien chef du renseignement militaire ukrainien, dont la présence aurait renforcé l’efficacité des discussions.

La délégation russe est conduite par Igor Kostioukov, chef du renseignement militaire et officier de marine sanctionné par les Occidentaux pour son rôle dans l’invasion de l’Ukraine. Côté américain, les pourparlers sont de nouveau dirigés par l’émissaire spécial Steve Witkoff.

La Russie, qui occupe près de 20 % du territoire ukrainien, menace de recourir à la force si la diplomatie échoue. Zelensky a assuré que l’Ukraine resterait prête à poursuivre les hostilités, malgré la pire crise énergétique hivernale depuis le début de la guerre, aggravée par les frappes russes sur le réseau électrique et l’approvisionnement en chauffage et en eau.

Situation militaire et perspectives

Après un bref répit obtenu grâce à l’intervention de Donald Trump auprès de Vladimir Poutine, l’armée russe a repris mardi ses frappes massives, provoquant de graves dégâts et laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage. Sur le front, les troupes russes ont accéléré leurs avancées en janvier, conquérant près du double du territoire pris le mois précédent, selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) américain.

Si ce rythme se maintient, les forces russes auraient besoin d’environ 18 mois supplémentaires pour s’emparer totalement du Donbass. Toutefois, la progression pourrait s’accélérer en raison de l’attrition, de l’épuisement et des problèmes de recrutement dans l’armée ukrainienne.

Malgré l’intensité du ballet diplomatique, beaucoup d’Ukrainiens doutent qu’un accord puisse être conclu avec Moscou. « Je pense que tout cela n’est qu’une mise en scène pour le public », estime Petro, un habitant de Kiev. « Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur. »

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