Marine Le Pen a vivement critiqué, vendredi 22 mai sur BFMTV/RMC, la récente nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. Ancien secrétaire général de l’Élysée, ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron symbolise, selon la dirigeante du Rassemblement national, une volonté du chef de l’État de « faire survivre le macronisme après la fin du macronisme ».
« On voit bien la kyrielle de nominations de macronistes à tous les postes qu’il considère importants », a déclaré la triple candidate à l’élection présidentielle. Elle a également cité la nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes et celle de Marc Guillaume au poste de vice-président du Conseil d’État. Pour Marine Le Pen, ces désignations traduisent une stratégie politique visant à maintenir l’influence du camp présidentiel dans les institutions.
Des nominations jugées « antidémocratiques »
La cheffe de file des députés RN estime que ces choix constituent une entrave potentielle à l’alternance politique. « On met des gens à des postes qui sont vos copains en se disant qu’ils seront autant d’obstacles à la mise en œuvre d’une autre politique », a-t-elle dénoncé, qualifiant cette méthode de « très antidémocratique ».
Selon elle, ces nominations ne pourront toutefois pas empêcher « l’expression de la volonté politique du peuple ». Marine Le Pen a également affirmé que certains responsables nommés par Emmanuel Macron pourraient être remplacés en cas d’alternance.
Retraites, Otan, Patrick Bruel : Marine Le Pen sur tous les fronts
Au cours de cette longue interview, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a aussi abordé plusieurs sujets d’actualité. Elle est revenue sur les propositions du Rassemblement national face à la hausse des prix du carburant liée aux tensions au Moyen-Orient, tout en assurant ne nourrir « aucun désaccord majeur » avec Jordan Bardella.
Marine Le Pen a également évoqué la réforme des retraites, l’avenir de l’Otan, les relations avec l’Algérie ou encore les zones à faibles émissions (ZFE). Interrogée sur les accusations visant le chanteur Patrick Bruel, elle a défendu le respect de la présomption d’innocence. « Si on fait cela, on rompt avec l’État de droit. C’est condamner quelqu’un à la mort sociale avant qu’il soit condamné », a-t-elle estimé.
La députée du Pas-de-Calais a enfin salué la réaction de l’acteur Gilles Lellouche, qui avait refusé de prendre position politiquement lors d’une interview. « Le rôle d’un acteur, c’est de jouer. Le rôle d’un scénariste, c’est de faire des scénarios », a-t-elle conclu.