Devant les députés réunis ce vendredi 22 mai pour les questions d’actualité, Ousmane Sonko a été interrogé sur plusieurs sujets sensibles. Depuis l’arrivée au pouvoir du Pastef, il s’agit de la cinquième participation du Premier ministre à cet exercice de contrôle parlementaire, l’occasion pour lui de défendre les orientations de son gouvernement.
Le chef du gouvernement a notamment réaffirmé la fermeté de l’exécutif concernant la nouvelle loi durcissant les sanctions liées aux relations homosexuelles. Il a exclu tout moratoire sur son application, affirmant vouloir mettre un terme à ce qu’il qualifie de « prolifération » de l’homosexualité, et assurant que la justice irait « jusqu’au bout ». « Pas question de cacher les gros poissons », a-t-il ajouté, alors que plusieurs arrestations visant des personnes soupçonnées d’homosexualité ont récemment été signalées, y compris parmi des proches du Premier ministre.
Cette position intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par plus d’une centaine d’interpellations ces trois derniers mois pour des faits qualifiés « d’actes contre nature », certains cas impliquant également des accusations de transmission volontaire du VIH. Une tribune récente signée par des intellectuels africains avait pourtant appelé à un moratoire sur l’application de cette loi.
Dette publique et tensions avec les partenaires financiers, Sonko
Abordant les questions économiques, Ousmane Sonko a également évoqué la situation de la dette publique du Sénégal, qu’il a reconnue comme « difficile », avec un niveau estimé à 119 % du PIB. Il a toutefois défendu la stratégie de redressement engagée par son gouvernement, mettant en avant les recettes générées par une meilleure mobilisation fiscale.
Dans la même dynamique, le ministre des Finances Cheikh Diba s’est voulu rassurant sur la gestion de la dette, affirmant que « la situation est en train d’être traitée ». Il a par ailleurs annoncé la reprise des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) à partir de la semaine du 8 juin, avec l’objectif de parvenir, d’ici le 30 juin, à un accord sur les grandes lignes d’un nouveau programme de coopération. Des négociations suspendues depuis octobre 2025, en raison de désaccords sur la restructuration de la dette sénégalaise.