Kiev, la capitale ukrainienne et sa région ont été la cible, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai, d’une attaque russe d’ampleur mêlant missiles et drones, dont un missile balistique intermédiaire Orechnik. Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et de plus de 60 blessés, selon les autorités locales. Parmi les victimes figure « une enfant qui n’avait même pas un an », a précisé le maire de Kiev, Vitali Klitschko.
Quelques jours après une attaque ukrainienne meurtrière contre un lycée situé dans une zone occupée par la Russie — attaque à laquelle Vladimir Poutine avait promis de répondre — de violentes explosions ont secoué Kiev peu après 1 heure du matin. Selon notre correspondant Lucas Lazo, plusieurs vagues de frappes ont ensuite visé la ville depuis la terre, les airs et la mer Noire.
Des journalistes de l’AFP ont observé des balles traçantes illuminer le ciel nocturne tandis que des tirs de mitrailleuse tentaient d’abattre des drones survolant le centre-ville. Dans les stations de métro transformées en abris, la fatigue et la lassitude dominaient parmi les habitants réfugiés sous terre.
Au matin, plusieurs incendies étaient toujours en cours dans des quartiers résidentiels et industriels. Une école du quartier de Shevchenkivsky a été touchée, tandis que l’entrée d’un autre abri a été bloquée par des débris après une frappe à proximité d’un établissement scolaire.
Attaque à Kiev : l’utilisation du missile Orechnik ravive les inquiétudes
Au plus fort de l’attaque, l’armée ukrainienne a dénoncé sur Telegram « une attaque massive de missiles ennemis », affirmant que près de 600 drones et 90 missiles avaient été employés. Le président Volodymyr Zelensky a indiqué que trois missiles avaient frappé des infrastructures d’approvisionnement en eau, qu’un marché avait été incendié et que des dizaines d’immeubles résidentiels ainsi que plusieurs écoles avaient été endommagés.
Le chef de l’État ukrainien a également affirmé que la Russie avait utilisé le missile balistique Orechnik contre la ville de Bila Tserkva. Un porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne a confirmé dimanche matin l’emploi de ce missile intermédiaire, réputé particulièrement difficile à intercepter.
Déployé l’an dernier en Biélorussie, alliée de Moscou, l’Orechnik est le missile hypersonique à capacité nucléaire le plus récent de l’arsenal russe. Moscou l’aurait déjà utilisé à deux reprises depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.
Dès samedi soir, Volodymyr Zelensky avait mis en garde contre une frappe russe imminente et d’envergure. « Nous voyons des signes de préparation pour une frappe combinée sur le territoire ukrainien, y compris Kiev », avait-il déclaré, appelant la population à rejoindre les abris en cas d’alerte. L’ambassade des États-Unis à Kiev avait également évoqué la possibilité d’une attaque aérienne « potentiellement importante » pouvant survenir « à tout moment ».
Cette offensive intervient après une frappe de drones ukrainiens menée dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai contre des bâtiments éducatifs de Starobilsk, dans la région de Lougansk occupée par la Russie. Selon Moscou, cette attaque a fait au moins 18 morts et plus de 40 blessés. Kiev affirme, de son côté, avoir visé une unité russe de drones et nie toute attaque délibérée contre des civils.