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Tensions Mali-Mauritanie : Nouakchott dénonce des appels à la violence devant son ambassade à Bamako

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La Mauritanie proteste après une manifestation hostile devant son ambassade à Bamako, marquée par des appels à la violence contre les Mauritaniens vivant au Mali.
Tensions Mali-Mauritanie : Nouakchott dénonce des appels à la violence devant son ambassade à Bamako
Nouakchott, capitale de Mauritanie

La Mauritanie a exprimé sa « vive protestation » et son « refus catégorique » après une manifestation organisée jeudi 21 mai devant son ambassade à Bamako. Dans la soirée, l’ambassadeur du Mali à Nouakchott a été convoqué par le ministère mauritanien des Affaires étrangères afin de lui signifier officiellement la position des autorités mauritaniennes.

À l’origine de cette tension diplomatique : un rassemblement du Collectif « Cinq ans ou plus », mouvement affichant son soutien aux autorités de transition maliennes. Devant la représentation diplomatique mauritanienne, les manifestants ont accusé la Mauritanie de servir de « refuge » et de « base logistique » à des groupes armés opérant contre le Mali.

Des propos incendiaires relayés sur les réseaux sociaux

Au cours de la manifestation, le porte-parole du collectif a publiquement appelé à incendier les commerces appartenant à des Mauritaniens au Mali, en représailles aux véhicules brûlés par le Jnim, affilié à al-Qaïda, dans le cadre du blocus imposé autour de Bamako. « Œil pour œil, dent pour dent », a-t-il déclaré dans une allocution filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Des représentants du collectif ont ensuite été reçus à l’intérieur de l’ambassade par le chargé d’affaires, qui a tenté d’apaiser les tensions. Aucun incident n’a été signalé à l’issue de la rencontre. Des équipes de la télévision publique malienne ORTM étaient présentes sur place.

L’opposante malienne Kadidia Fofana s’est interrogée sur une possible proximité entre les manifestants et les autorités de transition, soulignant que les accusations proférées rejoignent le discours officiel dénonçant régulièrement des « soutiens étrangers » aux groupes armés, notamment la Mauritanie, l’Algérie et la France.

Des relations déjà fragilisées entre Bamako et Nouakchott

Malgré la diffusion des appels à la violence sur les réseaux sociaux, le pôle malien de lutte contre la cybercriminalité ne s’est, pour l’heure, pas saisi du dossier, alors même qu’il avait récemment affirmé ne tolérer ni les appels à la haine ni les incitations à la justice populaire.

Dans son communiqué publié jeudi soir, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a demandé aux autorités maliennes de « prévenir la répétition de tels actes » et a rappelé son attachement au règlement des différends « par les voies diplomatiques habituelles ».

De son côté, le ministère malien des Affaires étrangères n’a pas réagi officiellement. Sollicité par la presse, il n’a donné aucune suite.

Les relations entre Bamako et Nouakchott se sont fortement dégradées ces derniers mois, notamment après plusieurs incidents sécuritaires enregistrés le long de la frontière commune. Des ressortissants mauritaniens avaient notamment été tués lors d’opérations de l’armée malienne, poussant les autorités mauritaniennes à défendre leurs citoyens tout en évitant une escalade diplomatique.

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