Quelques heures seulement après la signature d’un accord entre le gouvernement et la principale centrale syndicale du pays, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), cette dernière a annoncé vendredi 19 juin au soir la levée des blocages qui paralysaient la Bolivie depuis plus de cinquante jours. Une décision qui a été accueillie avec soulagement par une partie de la population, épuisée par des semaines de tensions sociales et de perturbations économiques.
« Je tiens à faire savoir à tous nos adhérents qu’à partir de maintenant, nous levons les mesures de pression au niveau national », a déclaré Marco Argollo, principal dirigeant de la COB, reconnaissant néanmoins que cette sortie de crise pourrait être contestée au sein même du mouvement. Le président Rodrigo Paz a, de son côté, salué l’ouverture au dialogue et affirmé partager l’objectif d’une défense de la souveraineté nationale, notamment sur les ressources naturelles.
Bolivie : État d’exception et tensions persistantes dans le pays
Mais l’accalmie aura été de courte durée. Quelques heures après l’annonce syndicale, le président Rodrigo Paz a décrété samedi l’état d’exception sur l’ensemble du territoire bolivien, invoquant l’épuisement des voies de négociation et la nécessité de rétablir l’ordre après plus de six semaines de blocages routiers.
Dans une déclaration télévisée, le chef de l’État a affirmé avoir « épuisé toutes les voies du dialogue », tout en accusant certains groupes de recourir à la violence pour déstabiliser le pays. Cette décision intervient alors que plusieurs organisations refusent de suivre la ligne de la COB et poursuivent la mobilisation contre le gouvernement de centre droit, arrivé au pouvoir en novembre après deux décennies de gouvernements socialistes.
Sur le terrain, les blocages ont déjà provoqué de fortes perturbations : pénuries de carburant, de médicaments et de denrées alimentaires touchent plusieurs régions, notamment La Paz. Les pertes économiques liées à la crise sont estimées à près de 3 milliards de dollars, selon les autorités.