Depuis le déclenchement de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022, la péninsule de Crimée s’est imposée comme l’un des principaux théâtres du conflit. Vendredi 26 juin, les autorités d’occupation ont décrété l’« état d’urgence » après une série d’attaques ukrainiennes ayant entraîné de fortes pénuries d’électricité et de carburant. Pendant ce temps, à Kiev, le soutien aux Tatars de Crimée est réaffirmé, tandis que Moscou poursuit ses opérations militaires dans le Donbass.
À Kiev, le drapeau tatar de Crimée a été hissé jeudi 25 juin à l’entrée du ministère des Affaires étrangères, comme chaque année à l’approche du 26 juin, date symbolique instaurée par l’autonomie tataro-criméenne en 2010. Le ministre Andriy Sybiha a reçu des représentants de la communauté en exil, rappelant que la question de la Crimée demeure, pour l’Ukraine, un enjeu humain autant que territorial.
Sur le terrain, les frappes ukrainiennes se sont intensifiées ces dernières semaines, touchant notamment les infrastructures énergétiques et les voies de communication. Selon Refat Tchoubarov, à la tête de l’Assemblée des Tatars de Crimée, la population autochtone subit une dégradation notable de ses conditions de vie, tout en affirmant sa volonté de résister si ces difficultés devaient conduire à la « libération » de la péninsule.
État d’urgence en Crimée et avancée russe dans le Donbass
La situation énergétique en Crimée est devenue critique, avec une partie du territoire désormais privée d’électricité. Le pont de Crimée, axe stratégique reliant la péninsule à la Russie, est régulièrement fermé, compliquant les déplacements et les évacuations. Pour plusieurs analystes, cette pression accrue pourrait fragiliser davantage la position de Moscou et, à terme, ouvrir la voie à des négociations.
Dans le même temps, la décision de placer la Crimée en « situation d’urgence » est interprétée par certains experts comme un signe de faiblesse des autorités russes. Cette mesure permettrait d’accroître le contrôle sur la vie quotidienne et la sécurité, tout en aggravant les conditions de vie des civils et la logistique militaire sur place, selon Cyrille Bret de l’Institut Montaigne.
Sur un autre front, dans le Donbass, les forces russes poursuivent leur progression autour de Kramatorsk et Sloviansk. Des combats seraient en cours à Kostiantynivka, un point stratégique clé au sud de Kramatorsk. D’après plusieurs sources militaires ukrainiennes, des unités russes auraient déjà pénétré dans la localité. Une prise complète de la ville renforcerait la position de Moscou dans sa volonté de contrôler l’est industriel de l’Ukraine.