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Bolivie : Rodrigo Paz annonce un remaniement ministériel en pleine crise sociale

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Confronté à une vague de manifestations et à une grave crise économique, le président bolivien Rodrigo Paz annonce un remaniement ministériel tandis que les tensions persistent à La Paz.
Bolivie : Rodrigo Paz annonce un remaniement ministériel en pleine crise sociale
Rodrigo Paz Pereira, Président de la Bolivie

Le président bolivien de centre droit Rodrigo Paz a annoncé mercredi un remaniement ministériel après plusieurs semaines de manifestations exigeant sa démission. Dans le même temps, des centaines de paysans indigènes et de transporteurs ont de nouveau défilé dans les rues de La Paz, la capitale administrative du pays.

Arrivé au pouvoir il y a à peine six mois, le chef de l’État fait face à une forte pression sociale dans un contexte de grave crise économique. Depuis trois semaines, paysans, ouvriers, mineurs et autres travailleurs multiplient manifestations et barrages routiers pour dénoncer la dégradation des conditions de vie.

«Nous devons réorganiser un gouvernement qui doit avoir une capacité d’écoute», a déclaré Rodrigo Paz, tout en refusant toute négociation avec les «vandales». «Les portes resteront ouvertes» à «ceux qui respectent la démocratie», a-t-il ajouté.

Devant l’Organisation des États américains, le ministre des Affaires étrangères Fernando Aramayo a accusé certains groupes de vouloir fragiliser le gouvernement et porter atteinte à «l’état de droit».

Barrages routiers, pénuries et tensions diplomatiques en Bolivie

À La Paz, des paysans aymaras et des transporteurs, brandissant des drapeaux indigènes, ont manifesté sans incident majeur sous la surveillance des forces de sécurité déployées autour du palais présidentiel.

«Ce gouvernement doit partir. S’il ne veut pas que le sang coule, qu’il s’en aille pacifiquement», a déclaré à l’AFP Romer Cahuaza, transporteur venu réclamer un meilleur approvisionnement en carburant.

Les autorités recensent au moins 44 points de blocage à travers le pays. Ces barrages provoquent d’importantes pénuries de carburant, de médicaments et de denrées alimentaires dans la capitale. «Les barrages affectent tout le monde, sauf les riches (…). Nous, les gens qui n’avons pas d’argent, nous ne mangeons plus de viande», témoigne Julio Pérez, ancien chauffeur de 82 ans aujourd’hui sans emploi.

Le gouvernement accuse l’ancien président socialiste Evo Morales d’être à l’origine de la mobilisation. Visé par un mandat d’arrêt dans une affaire présumée de traite de mineure, qu’il conteste, l’ex-dirigeant vit depuis 2024 retranché dans la région du Chapare, protégée par ses partisans.

Pour tenter d’atténuer les pénuries, l’exécutif a mis en place un pont aérien entre Santa Cruz et Cochabamba afin d’acheminer viande et légumes vers La Paz. Un «corridor humanitaire» destiné à permettre la circulation des convois de marchandises doit également être instauré.

La Bolivie traverse actuellement sa crise économique la plus sévère depuis les années 1980. Le pays a épuisé ses réserves de dollars après avoir maintenu des subventions aux carburants, supprimées en décembre dernier. L’inflation annuelle a atteint 14 % en avril.

Dans ce contexte tendu, la diplomatie bolivienne a annoncé l’expulsion de l’ambassadrice de Colombie, Elizabeth Garcia, accusant le président Gustavo Petro d’«ingérence directe» dans les affaires intérieures boliviennes. Le dirigeant colombien avait qualifié les manifestations d’«insurrection populaire» et estimé que la Bolivie «basculait vers des extrémismes».

Les États-Unis ont également affiché leur soutien au gouvernement bolivien. Le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que Washington se tenait «fermement» aux côtés des autorités de Rodrigo Paz, allié régional de Donald Trump. La veille, le sous-secrétaire d’État Christopher Landau avait évoqué une «tentative de coup d’État».

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