L’Afrique du Sud retient son souffle à l’approche du mardi 30 juin 2026. Cette date, non officielle, a été fixée par des groupes opposés à l’immigration irrégulière, qui appellent à des mobilisations pour réclamer le départ des étrangers en situation de séjour illégal.
Des marches sont prévues dans plusieurs villes du pays. Si les autorités assurent être prêtes et que les organisateurs promettent des rassemblements pacifiques, de nombreuses communautés immigrées redoutent des débordements. Elles gardent en mémoire les violences xénophobes de 2008, qui avaient fait plus de 60 morts, ainsi que les émeutes de 2021, marquées par plus de 350 décès, bien qu’elles n’aient pas été liées à la question migratoire.
À Yeoville, la peur et l’incertitude de la diaspora congolaise en Afrique du Sud
Dans le quartier de Yeoville, au cœur de Johannesburg, l’inquiétude est palpable au sein de la diaspora congolaise. Suzanne, commerçante ambulante originaire de la République démocratique du Congo, vend des fruits et légumes dans la rue tout en exprimant sa colère face aux appels au renvoi des migrants en situation irrégulière.
Originaire du Nord-Kivu, elle rappelle avoir fui la guerre et s’interroge sur un éventuel retour : elle affirme ne pas pouvoir rentrer dans une région toujours marquée par l’insécurité. Comme elle, plusieurs migrants dénoncent la précarité administrative dans laquelle ils vivent, avec des titres de séjour régulièrement difficiles à renouveler.
Dans le même quartier, Feza, vendeuse de vêtements d’occasion, confie également son inquiétude pour ses enfants, nés en Afrique du Sud et peu familiers avec leur pays d’origine. Elle redoute des violences lors des manifestations annoncées, évoquant un climat de peur et d’incertitude.
Face à cette situation, certains choisissent la prudence. Monda, artiste musicien, affirme qu’il restera chez lui le jour des marches, préférant se protéger en renforçant la sécurité de son domicile.
Selon les autorités sud-africaines, plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo, le Ghana, le Nigeria, le Mozambique et le Malawi, ont engagé des discussions sur des programmes de rapatriement volontaire. Ces dernières semaines, des milliers de ressortissants malawites et zimbabwéens auraient déjà été reconduits dans leur pays d’origine par bus.