Les forces armées maliennes et leurs alliés russes de l’Africa Corps restent retranchés dans le camp militaire d’Anéfis, dans la région de Kidal. Depuis les attaques coordonnées lancées samedi 4 juillet par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), les groupes armés ont pris position dans la localité et encerclent la base militaire.
Ce lundi, les combattants du JNIM et du FLA ont intensifié leurs offensives avec des tirs d’obus et l’utilisation de drones kamikazes contre les positions militaires. En réponse, l’armée malienne a mené des frappes aériennes. Les affrontements se poursuivent donc autour d’Anéfis, devenue un point stratégique majeur dans le nord du Mali.
Située à l’entrée de la région de Kidal, cette petite localité de moins de 8 000 habitants selon le recensement de 2023 occupe une position géographique déterminante. Une grande partie de sa population a quitté les lieux en raison des violences répétées. Anéfis se trouve sur la route nationale 18, à environ une centaine de kilomètres de Kidal, considérée comme le bastion historique des indépendantistes du FLA.
Bataille d’Anéfis : un verrou stratégique au cœur de la lutte pour le contrôle de Kidal
La prise d’Anéfis représente un enjeu militaire majeur pour les deux camps. En novembre 2023, l’armée malienne, soutenue alors par le groupe russe Wagner, avait repris Kidal aux indépendantistes. Ces derniers, alliés au JNIM, ont depuis reconquis la ville le 25 avril dernier, avant de s’emparer également de Tessalit après le retrait des forces maliennes et russes.
Dans la région, les forces maliennes et l’Africa Corps russe maintiennent encore des positions à Aguelhoc et Anéfis. Ces bases servent de points d’appui pour une éventuelle opération de reconquête de Kidal, annoncée par l’état-major malien au début du mois de mai. Depuis plusieurs semaines, l’Africa Corps communique sur des acheminements d’équipements militaires par voie aérienne et sur des opérations de patrouille dans ces zones.
Pour les groupes armés, contrôler Anéfis permettrait de bloquer toute tentative de progression vers Kidal. Pour l’armée malienne et ses partenaires russes, conserver cette localité est essentiel afin de préserver une voie d’accès stratégique vers le nord.
« Si on prend Anéfis, Aguelhoc sera isolée et tombera facilement », affirme un responsable militaire du FLA, qui estime que l’objectif final est de repousser les forces maliennes et russes vers Gao afin d’éloigner les combats de la région de Kidal.
Contactée par RFI, l’armée malienne n’a pas souhaité réagir. Dans un communiqué publié lundi, l’état-major a toutefois réaffirmé « sa pleine confiance dans la capacité des Fama (Forces armées maliennes) à défendre l’intégrité du territoire national ».