Après plusieurs mois de guerre et d’attente en mer, l’évacuation des navires bloqués dans le détroit d’Ormuz a commencé. Plus de 11 000 marins sont concernés par cette opération, alors que l’Inde, principal fournisseur d’équipages à l’échelle mondiale, suit la situation de très près. Plus de 15 000 de ses ressortissants naviguent actuellement dans la région.
Malgré l’annonce de ce début d’évacuation, l’inquiétude reste vive en Inde. Depuis le déclenchement du conflit, les syndicats maritimes sont submergés d’appels de détresse de marins cherchant à quitter la zone au plus vite. « Nous avons reçu de nombreux appels des navires et tout le monde voulait rentrer et quitter les navires. Il y a encore de la peur sur place », témoigne Manoj Yadav, secrétaire général du syndicat des marins indiens (Forward Seamen’s Union of India).
Détroit d’Ormuz : une crise humaine et économique pour les marins indiens
New Delhi paie un lourd tribut, à la fois humain et économique. L’Inde représente environ 17 % des équipages mondiaux et plus de 15 000 de ses marins opèrent dans le Golfe. Trois d’entre eux ont déjà perdu la vie lors du bombardement américain d’un pétrolier, selon les informations disponibles.
Face à cette situation, certains marins ont choisi de rompre leur contrat. Beaucoup dénoncent notamment des salaires impayés depuis plusieurs mois. « Pensez-y, beaucoup n’ont pas reçu leur salaire depuis avril. Moi non plus jusqu’à maintenant », raconte l’un d’eux, rentré en Inde il y a une dizaine de jours.
Il décrit également la vulnérabilité des marins civils, souvent en première ligne des crises sans être visibles. « À cause de cette guerre, nous, les marins, souffrons, nous mourons… Nous sommes ceux qui apportent des provisions à travers le monde. Tous les marins méritent du respect », confie-t-il.
Dans ce contexte tendu, les 2 000 premiers marins indiens considérés comme prioritaires doivent être débarqués dès ce jeudi 25 juin dans les ports d’Oman, première étape d’un pont aérien organisé vers Mumbai et Chennai.