Les États-Unis et l’Iran ont conclu dimanche un protocole d’accord visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient, trois mois et demi après le début des hostilités déclenchées, selon plusieurs sources, par Washington et Israël contre Téhéran. Le texte prévoit un arrêt immédiat des opérations militaires sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée progressive du blocus américain contre l’Iran.
Un cadre de négociations sur 60 jours doit désormais s’ouvrir afin d’aborder les dossiers les plus sensibles, notamment le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques. Si les détails du mémorandum, encore en attente de signature en Suisse, n’ont pas été officiellement rendus publics, plusieurs éléments suggèrent un accord globalement favorable à Téhéran.
Selon plusieurs observateurs, l’Iran aurait obtenu des avancées significatives, notamment sur la gestion du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique assurant une part importante du trafic mondial d’hydrocarbures. Alors que Washington évoque une réouverture sans droits de passage, Téhéran aurait imposé un mécanisme de régulation et de redevances, en coopération avec Oman. Le chef de la diplomatie iranienne avait d’ailleurs prévenu que la gestion de ce passage stratégique ne serait plus celle d’avant, le qualifiant d’« instrument de dissuasion ».
États-Unis–Iran : une victoire revendiquée par Téhéran et une bataille narrative qui s’intensifie
Au-delà du volet militaire, l’accord consacre également une évolution majeure sur le plan régional, avec la cessation des opérations sur tous les fronts, y compris au Liban. Une disposition considérée comme une concession importante à l’Iran, mais perçue comme un revers par les alliés de Washington, qui affirment maintenir leurs positions malgré les pressions diplomatiques.
Sur la question nucléaire, sujet central du conflit initial, les discussions sont renvoyées à la phase de négociations techniques à venir. Pour plusieurs analystes, cette séquence pourrait renforcer la position iranienne, désormais moins sous pression militaire directe.
Dans les deux camps, la lecture de l’accord s’oppose radicalement. Téhéran revendique une victoire stratégique, affirmant avoir imposé ses conditions à ses adversaires, tandis que Donald Trump met en avant un succès diplomatique et économique, saluant une relance attendue des flux pétroliers et une stabilisation régionale.
Mais derrière ces déclarations, les experts évoquent une recomposition profonde des équilibres régionaux. Pour certains spécialistes, l’Iran sort renforcé de l’épreuve, ayant démontré sa capacité à résister à deux puissances nucléaires et à peser sur le calendrier des négociations. D’autres estiment que les États-Unis ont engagé un pari risqué, dont les effets pourraient durablement affecter leur crédibilité au Moyen-Orient.