Trois semaines après l’ouverture du procès en appel concernant le financement présumé de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar Kadhafi, l’ancien chef de l’État est à son tour entendu par la cour ce mardi 7 avril 2026. Présent à chaque audience depuis le début du procès, il fait face à un interrogatoire considéré comme déterminant dans la suite des débats.
En première instance, Nicolas Sarkozy avait été relaxé de plusieurs chefs d’accusation, notamment celui de corruption, mais condamné à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs » en vue de la préparation d’un délit de corruption. Les juges avaient retenu l’existence d’éléments laissant supposer des démarches préparatoires, même sans preuve d’un financement effectivement utilisé pour la campagne.
Des « indices graves et concordants » au cœur du dossier de Nicolas Sarkozy
Le tribunal avait estimé qu’un « faisceau d’indices précis, graves et concordants » laissait penser que des proches de Nicolas Sarkozy, notamment Claude Guéant et Brice Hortefeux, avaient pu solliciter les autorités libyennes afin d’obtenir des financements, en envisageant d’éventuelles contreparties. Les rencontres de 2007 entre des responsables français et Abdallah Senoussi, haut dignitaire libyen condamné pour terrorisme, figuraient parmi les éléments centraux du dossier.
Au cours des débats, Brice Hortefeux a, de son côté, cherché à prendre ses distances avec ces échanges, affirmant que l’ancien président n’en avait pas été informé, ni à l’époque ni lors des premières révélations médiatiques en 2012. Interrogé par le président de la cour sur une possible réaction de Nicolas Sarkozy après la lecture d’un article évoquant l’affaire, l’ex-ministre a répondu d’un simple « non », après un long silence.
L’ancien président doit désormais s’exprimer directement devant la cour durant plusieurs jours d’interrogatoire, dans un procès en appel où l’ensemble des qualifications initiales est de nouveau examiné. Nicolas Sarkozy et ses co-prévenus bénéficient à ce stade de la présomption d’innocence.