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Nigeria : de nouveaux témoignages accablent les accusés du complot de coup d’État présumé

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À Abuja, de nouveaux témoins ont détaillé devant la Haute Cour les liens militaires et financiers entre les six Nigérians accusés d’avoir préparé un coup d’État fin 2025.
Nigeria : de nouveaux témoignages accablent les accusés du complot de coup d’État présumé
Le président nigérian Bola Tinubu

Six Nigérians soupçonnés d’avoir participé à un projet de coup d’État contre les autorités fédérales en 2025 ont comparu cette semaine devant la Haute Cour fédérale d’Abuja. Poursuivis pour trahison, terrorisme, financement du terrorisme et blanchiment d’argent, ces prévenus — parmi lesquels figurent des militaires à la retraite et des civils — contestent l’ensemble des treize chefs d’accusation retenus contre eux. Le dossier, ouvert le 22 avril, fait l’objet d’une procédure accélérée ordonnée par la juge Joyce Abdulmalik.

Un officier supérieur présenté comme le coordinateur du réseau

Mercredi et jeudi, la juridiction a entendu plusieurs témoins du parquet, dont trois employés de banque ainsi qu’un membre de la police militaire bénéficiant d’une protection d’identité. Ce dernier a détaillé les conclusions d’une enquête interne ayant permis, selon l’accusation, de relier les six prévenus au colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, officier de l’armée nigériane présenté comme l’instigateur central du complot présumé.

D’après ce témoignage, ce réseau aurait réuni des militaires en activité, d’anciens officiers, des civils et l’ex-gouverneur de l’État de Bayelsa, Timipre Sylva, actuellement en fuite. Une perquisition menée au domicile du colonel Ma’aji aurait permis la saisie d’un carnet de notes contenant des plans opérationnels, les noms de hauts responsables du régime ainsi que l’identité d’officiers supposément chargés de mener des assassinats ciblés. Des données extraites de son téléphone portable et plusieurs documents récupérés lors de réunions présumées à Abuja ont également été versés au dossier.

Flux financiers suspects et inquiétudes sur la transparence de la procédure

Le parquet affirme par ailleurs avoir retracé plusieurs mouvements de fonds entre septembre et octobre 2025 entre certains accusés, le colonel Ma’aji et des structures commerciales soupçonnées d’avoir servi de sociétés écrans pour financer l’opération. Les trois témoins bancaires entendus cette semaine ont ainsi remis à la cour des relevés et correspondances transmis aux enquêteurs financiers nigérians.

La suite des audiences concernant ces six accusés est fixée aux 4 et 5 mai 2026. Un second volet du dossier doit s’ouvrir le 8 mai devant une cour martiale, où comparaîtront 36 militaires encore en service, dont le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji. Ces audiences militaires se dérouleront à huis clos, un choix dénoncé par plusieurs observateurs qui redoutent un manque de transparence dans cette affaire sensible. Les procureurs accusent l’ensemble des mis en cause d’avoir conspiré pour « faire la guerre contre l’État afin d’intimider le président de la République fédérale ». Tous ont plaidé non coupable lors de leur première comparution.

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