Au cœur du conflit déclenché par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, un malaise s’installe entre les États-Unis et Israël. Le secrétaire d’État Marco Rubio s’est déclaré « troublé » par la recrudescence des violences perpétrées par des colons en Cisjordanie, appelant le gouvernement israélien à agir sans délai. Cette pression diplomatique s’inscrit dans un contexte inédit : au sein même de l’appareil sécuritaire israélien, des voix s’élèvent désormais pour dénoncer une menace interne.
Selon l’organisation Yesh Din, 257 incidents impliquant des colons extrémistes ont été recensés en seulement 25 jours depuis le début de la guerre contre l’Iran. Des actes souvent commis sous le regard de militaires, selon des témoignages recueillis sur place. Le chef d’état-major Eyal Zamir évoque désormais une « minorité menaçante », dont les actions contraignent l’armée à détourner ses ressources du front iranien. À la Knesset, la députée Meirav Cohen va plus loin, qualifiant ces violences de « terrorisme juif ».
Une dérive dénoncée jusque dans les médias à Cisjordanie
La rupture est également palpable dans les médias israéliens, où le ton s’est durci. Certains éditorialistes n’hésitent plus à employer des termes jusque-là tabous, évoquant des « pogroms » ou encore un « nettoyage ethnique ». Sur la Chaîne 13, le journaliste Udi Segal alerte sur une « érosion morale » sans précédent. Une partie de la presse met en garde : en tolérant ces violences, l’État risquerait non seulement d’entacher son image, mais aussi de fragiliser ses fondements internes.
Parallèlement, les tensions en Cisjordanie touchent aussi la presse étrangère. Le 28 mars, l’Association de la presse étrangère a dénoncé des violences commises par des soldats israéliens contre une équipe de CNN, évoquant également une « détention arbitraire ». Les journalistes couvraient les suites d’une attaque de colons près du village palestinien de Tayasir lorsqu’ils ont été pris pour cible.
Malgré leur identification claire, selon l’association, les reporters ont été menacés, leurs activités interrompues et leur matériel endommagé. L’un des membres de l’équipe aurait été violemment maîtrisé avant d’être retenu, avec d’autres civils palestiniens, pendant près de deux heures. L’armée israélienne a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ces घटनements.