Le Pakistan a affirmé mercredi avoir éliminé 26 combattants liés aux Taliban pakistanais lors de frappes aériennes qualifiées de « précises et calibrées » menées le long de la frontière avec l’Afghanistan. Islamabad a indiqué avoir ciblé plusieurs positions du mouvement Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), notamment un camp d’entraînement, une cache d’armes et des repaires de commandants, en réaction à de récents incidents qualifiés de terroristes sur son territoire. Aucune mention de victimes civiles n’a été faite par les autorités pakistanaises.
De son côté, Kaboul a dénoncé de nouvelles violations de son espace aérien, affirmant que les frappes ont touché des zones résidentielles dans les provinces de Kunar, Khost et Paktika, faisant au moins 12 morts, dont 11 enfants, selon le porte-parole du gouvernement taliban. Sur le terrain, des habitants et responsables locaux évoquent des habitations détruites et des bilans similaires, notamment dans le district de Spera où plusieurs personnes auraient péri sous les décombres.
Tensions persistantes afghano-pakistanaise et escalade militaire à la frontière
Dans la province de Khost, une maison a été totalement détruite lors d’une frappe nocturne, selon un journaliste de l’AFP, tandis que des habitants s’affairaient à enterrer les victimes. Dans la province voisine de Paktika, une autre attaque aurait causé la mort de trois enfants dans le district de Barmal, d’après des témoins locaux.
Ces nouveaux bombardements interviennent après une période d’accalmie relative dans une zone frontalière marquée par des affrontements sporadiques depuis plusieurs mois. Les relations entre Islamabad et Kaboul restent extrêmement tendues depuis le retour des Taliban au pouvoir en 2021, le Pakistan accusant l’Afghanistan d’abriter des combattants du TTP, ce que Kaboul dément. Selon un rapport de l’ONU publié mi-mai, au moins 372 civils afghans ont été tués entre janvier et mars dans les violences transfrontalières, illustrant la fragilité persistante de la situation sécuritaire.