La Corée du Nord fait face cette année à une sécheresse qualifiée d’« inhabituelle » et de « grave » par l’agence officielle KCNA, qui affirme que le phénomène touche une grande partie du territoire. Dans un pays déjà marqué par la fragilité de ses infrastructures et de son économie, ces conditions climatiques accentuent la pression sur le secteur agricole. Les autorités mobilisent les travailleurs pour protéger les cultures de début de saison, tandis que des mesures sont prises pour optimiser l’usage des ressources en eau disponibles.
Selon KCNA, des inspections ont été menées par le Premier ministre Pak Thae Song dans plusieurs exploitations agricoles afin d’évaluer les dégâts et de définir des « contre-mesures ». Le gouvernement appelle notamment à renforcer la résistance des cultures comme le blé et l’orge et à améliorer la gestion des systèmes d’irrigation, dans l’espoir de limiter l’impact de la sécheresse sur les récoltes à venir.
Corée du Nord : un contexte régional marqué par les pénuries et le réchauffement climatique
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de vulnérabilité alimentaire et climatique. La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme en Corée du Nord, Elizabeth Salmon, avait déjà alerté en février sur les pénuries alimentaires persistantes dans le pays. Par ailleurs, la Corée du Sud a connu en 2025 son été le plus chaud jamais enregistré, illustrant l’intensification des phénomènes extrêmes dans la région.
Les experts soulignent également le rôle du changement climatique, qui rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, tandis que le phénomène El Niño pourrait accentuer les épisodes de sécheresse. En Corée du Nord, où les coupures d’électricité sont fréquentes et l’accès à la climatisation limité, ces conditions climatiques aggravent encore les difficultés quotidiennes de la population.