La Cour pénale internationale (CPI) a refusé, ce mercredi 22 avril, de libérer l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour crimes contre l’humanité dans le cadre de sa campagne antidrogue menée entre 2016 et 2019.
Livré à la Cour en mars 2025 par les autorités du président Ferdinand Marcos, l’ex-chef d’État contestait la compétence de la juridiction internationale. Ses avocats avaient introduit un recours après une décision rendue en octobre, demandant l’abandon des poursuites et sa remise en liberté. Mais la Chambre d’appel a confirmé la position des juges, estimant qu’il serait « incompatible » avec les objectifs de la CPI de permettre à un État de se soustraire à ses obligations lorsqu’une enquête est déjà engagée sur des crimes présumés.
Une procédure maintenue malgré le retrait des Philippines de la CPI
La Cour a rappelé que le retrait des Philippines du Statut de Rome en 2019 ne les exonère pas des poursuites engagées pour des faits commis avant cette date. Les juges estiment en effet qu’un État ne peut pas échapper à la justice internationale en se retirant après l’ouverture d’enquêtes. Absente de l’audience pour raisons de santé selon ses avocats, Rodrigo Duterte, âgé de 80 ans, demeure en détention en attendant une décision cruciale attendue la semaine prochaine. Les juges devront alors se prononcer sur la confirmation ou non des charges retenues par le procureur. En cas de validation, l’ancien président sera formellement renvoyé en procès.