Au palais de Koulouba, ce mercredi 29 avril 2026, le Président de la Transition malienne a réuni un Conseil supérieur de la Défense nationale consacré à l’examen de la situation sécuritaire du pays. Cette rencontre de haut niveau intervient quatre jours après la série d’attaques coordonnées du 25 avril qui ont visé plusieurs localités stratégiques, notamment Kati, Kidal, Gao et Sévaré.
Autour du général d’armée Assimi Goïta avaient pris place le Premier ministre, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, plusieurs membres du gouvernement ainsi que le chef d’état-major général des Armées. L’objectif affiché : analyser les failles révélées par ces offensives simultanées, tirer les enseignements opérationnels nécessaires et recalibrer la riposte de l’appareil sécuritaire face à une menace terroriste persistante.
À l’issue de la session, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, a porté la parole officielle devant la presse. Il a présenté les condoléances de la Nation aux familles des victimes avant de rendre un hommage appuyé au ministre d’État chargé de la Défense et des Anciens Combattants, le général de corps d’armée Sadio Camara, saluant son engagement au service de la souveraineté nationale.
Selon le compte rendu ministériel, les assaillants avaient minutieusement préparé ces frappes coordonnées avec des objectifs stratégiques clairement définis. Sans dévoiler la nature exacte de ces visées, les autorités affirment que les Forces armées et de sécurité ont opposé une réaction rapide et professionnelle, infligeant aux groupes armés terroristes d’importantes pertes humaines et matérielles.
Au Mali, des orientations stratégiques sous sceau du secret défense
Au-delà du simple constat, ce Conseil supérieur de la Défense nationale a permis au chef suprême des Armées de fixer de nouvelles orientations destinées à consolider le dispositif national de défense. Fidèles à la tradition du secret militaire, les autorités n’ont livré aucun détail sur la teneur de ces instructions. Mais plusieurs observateurs anticipent des réajustements portant sur le déploiement des unités, le partage du renseignement et la coordination interforces.
Cette réorganisation annoncée intervient dans un contexte où l’armée malienne demeure confrontée à des attaques asymétriques répétées, malgré les opérations menées ces dernières années. La coopération avec les partenaires étrangers, notamment russes via l’ex-contingent Wagner désormais intégré à Africa Corps, continue d’alimenter les interrogations sans qu’aucune précision officielle n’ait filtré sur une éventuelle évolution de ce partenariat. Le message du pouvoir est clair : privilégier la réactivité interne et préserver l’emprise sécuritaire sur les zones sensibles.
Le général Daoud Aly Mohammedine s’est voulu rassurant, affirmant que la situation restait sous contrôle sur l’ensemble du territoire national. Une communication calibrée pour contenir les inquiétudes de l’opinion publique, à l’heure où les réseaux sociaux amplifient chaque incident sécuritaire et nourrissent les spéculations sur d’éventuels dysfonctionnements.
Appel à l’unité nationale face à la désinformation et à la menace persistante
Dans son intervention, le ministre a également salué la mobilisation patriotique des populations et leur apport jugé déterminant dans le renseignement opérationnel. Une reconnaissance explicite du rôle désormais central de la coopération civilo-militaire dans la lutte antiterroriste, dans un pays où la confiance entre citoyens et forces régulières a longtemps été fragile.
En parallèle, les autorités ont mis en garde contre les campagnes de désinformation qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. Les citoyens ont été invités au calme, à la vigilance et à la cohésion nationale, avec pour consigne de s’en remettre exclusivement aux canaux officiels. Depuis plusieurs années, l’espace numérique constitue en effet un terrain d’influence exploité à la fois par les groupes armés et par divers acteurs extérieurs pour semer la confusion, gonfler les bilans ou fragiliser la crédibilité institutionnelle.
Ce Conseil supérieur de la Défense nationale du 29 avril marque ainsi une nouvelle séquence dans la gestion d’une crise sécuritaire que la transition malienne peine encore à juguler définitivement. Les orientations arrêtées par le général Assimi Goïta devraient se traduire dans les prochaines semaines par des mesures concrètes. Reste à savoir si ce nouveau tour de vis sera suffisamment robuste pour contenir des groupes armés terroristes qui, avec les attaques tous azimuts du 25 avril, ont une nouvelle fois démontré leur capacité de nuisance sur plusieurs fronts simultanés. En dépit de la pression, la junte de Bamako affiche sa résilience et tente de redéployer progressivement son architecture de défense.