Un Palestinien de 28 ans a été mortellement touché par balles dans la nuit de lundi à mardi aux abords du village de Tayasir, au nord de la Cisjordanie occupée, alors que des heurts opposaient des habitants palestiniens à des colons israéliens près d’un avant-poste considéré comme illégal.
Selon des témoins cités par l’agence palestinienne WAFA, Alaa Khaled Subaih faisait partie d’un groupe de jeunes du village venus faire face à une attaque de colons. Des affrontements ont ensuite éclaté à proximité de l’installation. Un tir aurait été ouvert par l’un des colons, blessant grièvement le jeune homme, qui a succombé à ses blessures après son transfert à l’hôpital. Un civil palestinien et un civil israélien ont également été blessés et évacués.
L’armée israélienne affirme être intervenue pour disperser les affrontements. Elle précise que l’auteur des tirs serait un soldat hors service présent parmi les colons — une qualification régulièrement utilisée pour désigner certains habitants des implantations en Cisjordanie, souvent également réservistes et armés même hors service. Une enquête doit être ouverte, selon l’institution militaire.
Mort d’un Palestinien : une zone en proie à une recrudescence des violences
Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions accrues dans le nord de la Cisjordanie, notamment dans le gouvernorat de Tubas, où les violences se multiplient depuis plusieurs semaines.
Le mois dernier, un couple et deux de leurs enfants ont été tués par des tirs attribués aux forces israéliennes dans la même région. Plus récemment, une équipe de journalistes de CNN a été empêchée de poursuivre un reportage sur les avant-postes illégaux. L’un des reporters aurait été agressé par un militaire israélien, un incident condamné par l’Association de la presse étrangère, qui évoque également des détentions temporaires de journalistes et de civils présents sur place.
Selon les données des Nations unies, 103 Palestiniens ont été tués dans le gouvernorat de Tubas depuis le 7 octobre 2023, et plus d’un millier dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée. L’ONU indique par ailleurs que plus de la moitié des travailleurs humanitaires tués dans le monde depuis 2023 ont trouvé la mort à Gaza et en Cisjordanie.
Dans ce climat, plusieurs réservistes israéliens ont récemment alerté sur une porosité croissante entre soldats et colons dans les avant-postes. Une inquiétude relayée jusqu’au sommet de la hiérarchie militaire, où le chef d’état-major évoque une « minorité menaçante » dont les actions compliquent, selon lui, la gestion sécuritaire globale.