La capitale turque, Ankara, accueille les 7 et 8 juillet le 36e sommet de l’OTAN, réunissant les dirigeants des 32 États membres, dont le président américain Donald Trump. Pendant deux jours, les discussions porteront sur les principaux défis auxquels fait face l’Alliance atlantique dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par la poursuite de la guerre en Ukraine, les crispations au Moyen-Orient, ainsi que les interrogations persistantes sur la solidité de l’engagement américain au sein de l’OTAN.
Pays hôte du sommet, la Turquie se retrouve au cœur des équilibres stratégiques. Sa position géographique en fait un point névralgique : au nord, la guerre entre la Russie et l’Ukraine et les enjeux de sécurité en mer Noire ; au sud, les tensions avec l’Iran et les risques d’escalade dans la région du détroit d’Ormuz ; sans oublier l’instabilité persistante en Syrie. Rarement, selon plusieurs responsables turcs, un sommet de l’OTAN s’est tenu aussi près de foyers de conflits majeurs.
La Turquie, entre ambition stratégique et volonté d’influence au sein de l’Alliance
Car la Turquie n’est pas seulement un pays hôte : elle est un acteur central de ces crises. Membre de l’OTAN, Ankara entretient des relations à la fois avec l’Ukraine et la Russie, jouant ponctuellement un rôle de médiateur, tout en conservant des liens étroits avec plusieurs acteurs du Moyen-Orient, dont l’Iran, ainsi qu’avec les États-Unis et l’Union européenne.
Lors du sommet, Tayyip Erdogan entend capitaliser sur cette position d’équilibre. Il met en avant l’idée que l’Europe ne peut repenser son architecture de sécurité sans la Turquie, appelant à une coopération renforcée et à l’intégration d’Ankara dans les initiatives de « réarmement » européen. Le président turc insiste également sur la puissance militaire de son pays, qui dispose de la deuxième armée de l’OTAN et d’une expérience opérationnelle significative.
Ankara souhaite ainsi se rendre incontournable en valorisant son industrie de défense en pleine expansion — drones de combat, blindés, systèmes de missiles et radars — et en promouvant une vision de la sécurité à « 360 degrés », intégrant non seulement la menace russe mais aussi les défis venus du sud, notamment la lutte contre le terrorisme. Malgré des divergences persistantes avec certains alliés, notamment la Grèce et la France, la Turquie entend renforcer son rôle de passerelle entre l’OTAN, le Moyen-Orient et le Golfe, et consolider sa place comme acteur stratégique au sein de l’Alliance.