Israël poursuit la mise en œuvre d’un vaste projet de barrière dans le nord de la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée. Baptisé « Crimson Thread » (« Fil pourpre »), le dispositif doit traverser des terres agricoles palestiniennes, suscitant de vives inquiétudes parmi les habitants. Ces derniers dénoncent déjà des destructions et des pertes de récoltes liées aux travaux en cours.
Le projet prévoit la construction d’une route militaire de 22 kilomètres réservée aux patrouilles de l’armée israélienne, le long de laquelle sera érigée une barrière. Selon un document militaire cité par le quotidien Haaretz, celle-ci serait conçue comme une barrière « naturelle », composée de remblais de terre et de tranchées, tandis qu’une autre source évoque plutôt une clôture classique. Dans tous les cas, l’ouvrage serait implanté en profondeur dans les terres palestiniennes, entre les localités de Tayasir et Hamra.
En Israël, des destructions déjà signalées et un projet contesté sur le terrain
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Le tracé du projet implique la destruction d’infrastructures agricoles et de subsistance : fermes, serres, silos, citernes d’eau ou encore bâtiments de stockage. Des habitants rapportent la destruction de plusieurs points d’eau par des bulldozers, entraînant la perte de récoltes et le déplacement de certaines familles.
Les autorités militaires israéliennes affirment que ces opérations s’inscrivent dans un cadre légal et présentent le projet comme un moyen de lutte contre la contrebande d’armes entre la Cisjordanie et la Jordanie. Toutefois, sur place, la contestation grandit face à l’ampleur des démolitions et à l’impact sur les terres agricoles palestiniennes.