Au Pérou, les résultats de l’élection présidentielle tardent toujours à être proclamés. Alors que le candidat de gauche Roberto Sanchez avait été initialement donné favori, la tendance s’est inversée après près de deux semaines de dépouillement quasi achevé. La candidate de la droite autoritaire, Keiko Fujimori, semble désormais en position de force, avec une avance d’environ 40 000 voix. Une évolution qui alimente la contestation dans le camp Sanchez.
Vendredi 19 juin, Roberto Sanchez a appelé ses partisans à descendre dans les rues de Lima pour une marche pacifique « en défense du vote populaire », réclamant davantage de transparence dans le processus électoral. Sur place, ses soutiens expriment leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme des irrégularités et un manque de garanties dans le décompte des suffrages.
Au Pérou, contestations, soupçons et appel au recomptage
Parmi les manifestants, Rosario dit défendre la volonté des électeurs et dénonce un processus qu’elle juge biaisé. Elle estime que les autorités électorales n’auraient pas respecté les règles, alimentant un sentiment de défiance croissant dans une partie de la population.
Les critiques portent notamment sur le traitement des votes des Péruviens de l’étranger, qui auraient permis à Keiko Fujimori de passer en tête. Certains manifestants, comme Walter, évoquent des soupçons d’irrégularités dans le transport des bulletins, affirmant qu’ils n’auraient pas été acheminés dans les conditions diplomatiques habituelles, mais comme une cargaison ordinaire.
Face à cette situation, des voix réclament un recomptage intégral des bulletins, même si l’opération devait prendre plusieurs mois. De son côté, le camp Sanchez poursuit ses démarches pour faire invalider les votes contestés, alors que plus de 120 000 bulletins restent encore au centre d’examens de procès-verbaux litigieux. Pour l’heure, ni les autorités électorales ni les missions d’observation internationales n’ont confirmé les accusations d’irrégularités.
Le président élu, qui doit prendre ses fonctions le 28 juillet, deviendra le neuvième chef de l’État du Pérou en dix ans, dans un contexte politique marqué par une instabilité persistante.