Au Venezuela, le parquet a précisé que les décisions judiciaires doivent être respectées strictement, rappelant notamment l’interdiction faite à Guanipa de s’exprimer publiquement sur sa situation. Il a également demandé à la justice que l’opposant de 61 ans soit placé en résidence surveillée.
Après avoir été libéré dimanche après-midi, Guanipa s’était déplacé à moto devant plusieurs prisons de Caracas, où il avait rencontré des proches de détenus politiques et parlé aux médias. Il avait notamment critiqué le résultat de l’élection présidentielle de 2024, qui avait permis la réélection de Nicolas Maduro. L’opposition estime que ce scrutin a été entaché de fraudes. Dans un entretien avec l’AFP, il avait appelé au respect du vote populaire et à l’organisation de nouvelles élections, alors qu’il n’aura finalement été libre que moins de douze heures.
Avant l’annonce officielle de son arrestation, l’opposition avait dénoncé son enlèvement par des hommes armés en civil. Maria Corina Machado avait affirmé sur le réseau X qu’il avait été emmené de force par plusieurs individus arrivés à bord de quatre véhicules. Son fils, Ramon Guanipa, avait également évoqué un enlèvement mené par une dizaine de personnes non identifiées. Son parti, Primero Justicia, avait accusé les forces du pouvoir d’être responsables.
Guanipa avait été libéré peu avant le vote annoncé d’une loi d’amnistie qualifiée d’historique au Venezuela. Dans une vidéo publiée en ligne, il avait expliqué avoir vécu caché pendant dix mois avant d’être détenu près de neuf mois à Caracas. Sa dernière apparition publique remontait au 9 janvier 2025, lors d’un rassemblement contestant le troisième mandat de Nicolas Maduro.
Vers une libération après les promesses d’amnistie au Venezuela
Arrêté en mai 2025 pour complot électoral, il avait ensuite été accusé de terrorisme, blanchiment d’argent et incitation à la violence et à la haine.
D’autres opposants, Freddy Superlano et Perkins Rocha, ont également été libérés dimanche. Ils avaient été arrêtés environ un an et demi plus tôt, après la réélection contestée de Maduro en juillet 2024.
Le 8 janvier, sous pression américaine, les autorités vénézuéliennes avaient promis la libération progressive d’un nombre important de prisonniers. Toutefois, des ONG et des familles dénoncent un processus trop lent. L’ONG Foro Penal affirme qu’au moins 35 personnes ont été libérées dimanche et qu’environ 400 détenus politiques ont été libérés depuis le 8 janvier.
Vendredi, le président du Parlement, Jorge Rodriguez, a annoncé que la loi d’amnistie devrait être adoptée définitivement mardi et que tous les prisonniers politiques pourraient être libérés d’ici le 13 février. Il a déclaré vouloir corriger les erreurs commises par le passé.