MOYEN-ORIENT

Frappes iraniennes aux Émirats : Abu Dhabi sous missiles, la crise d’Ormuz s’aggrave

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Missiles de croisière, drones et incendie à Fujaïrah : les Émirats accusent l’Iran d’une escalade majeure au moment où la tension atteint un niveau critique dans le détroit d’Ormuz.
Frappes iraniennes aux Émirats : Abu Dhabi sous missiles, la crise d’Ormuz s’aggrave
Le général Abdul Nasser Al-Humaidi, porte-parole du ministère de la Défense Émirati

Les Émirats arabes unis ont annoncé, lundi, avoir été la cible de plusieurs attaques attribuées à l’Iran, marquant une nouvelle dégradation de la sécurité dans le Golfe au moment où États-Unis lançaient une opération destinée à rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

Selon le ministère émirati de la Défense, quatre missiles de croisière « lancés depuis l’Iran » ont visé le territoire national : trois ont été interceptés par la défense aérienne, tandis qu’un quatrième s’est abîmé en mer. Parallèlement, un pétrolier de la compagnie nationale Adnoc a été pris pour cible par deux drones iraniens.

Le site pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares terminaux énergétiques de la région accessibles sans emprunter le détroit d’Ormuz, a également été touché par un drone ayant provoqué un incendie. Ces frappes constituent les premières attaques directes contre des installations civiles dans un pays du Golfe depuis plus d’un mois et fragilisent davantage le cessez-le-feu observé depuis le 8 avril.

Depuis le déclenchement, le 28 février, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique, Téhéran exerce un contrôle étroit sur cette voie maritime par laquelle transite habituellement près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. La reprise des hostilités a aussitôt ravivé les inquiétudes des marchés internationaux, entraînant une flambée des cours du brut.

Le ministère émirati des Affaires étrangères a dénoncé « une escalade dangereuse » et affirmé que le pays se réservait le droit de riposter.

Frappes iraniennes aux Émirats : condamnations internationales

À Téhéran, la télévision d’État a toutefois assuré que l’Iran « n’avait aucun projet de cibler les Émirats », citant un haut gradé non identifié qui a imputé la situation à « l’aventurisme militaire américain ». Cette déclaration intervient alors que Donald Trump a annoncé une opération visant à débloquer les navires immobilisés dans le Golfe après la fermeture d’Ormuz.

Les réactions internationales n’ont pas tardé. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé « une violation manifeste de la souveraineté et du droit international » et exprimé sa « totale solidarité » envers le peuple émirati. De son côté, Emmanuel Macron a qualifié sur X les frappes iraniennes contre des infrastructures civiles émiriennes d’« injustifiées et inacceptables », réaffirmant le soutien de la France aux Émirats et appelant une nouvelle fois à la réouverture du détroit d’Ormuz.

Sur le terrain diplomatique, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismaïl Baghaï, a exhorté Washington à adopter « une approche raisonnable » et à renoncer à ses demandes jugées « excessives », après réception d’une réponse américaine à une nouvelle proposition iranienne de règlement.

Selon l’agence Tasnim, Téhéran exige notamment le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens, le dégel des avoirs du pays, la suppression des sanctions économiques, la mise en place d’un mécanisme spécifique sur Ormuz ainsi que « la fin de la guerre sur tous les fronts », y compris au Liban, où Israël poursuit ses combats contre le Hezbollah.

Dans ce contexte, la perspective d’un apaisement apparaît plus incertaine que jamais, tandis que le Golfe redevient l’un des principaux foyers d’instabilité géopolitique mondiale.

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