Des coups de feu ont retenti mercredi 13 mai au soir dans l’enceinte du Sénat des Philippines, où l’ancien chef de la police Ronald Dela Rosa est retranché depuis plusieurs jours pour échapper à une arrestation liée à un mandat de la Cour pénale internationale (CPI).
Selon des journalistes présents sur place, plus d’une dizaine de militaires en tenue de camouflage ont pénétré dans le complexe sénatorial à Manille. Certains étaient équipés de fusils d’assaut. Environ cinq détonations ont été entendues, provoquant un mouvement de panique et le confinement immédiat du bâtiment.
Protégé par plusieurs sénateurs alliés, Ronald Dela Rosa s’est réfugié au Sénat depuis le 11 mai, alors que les autorités philippines cherchent à procéder à son arrestation en vue d’une éventuelle remise à la CPI, basée à La Haye.
Le président du Sénat, Alan Peter Cayetano, a dénoncé une « attaque » sans fournir davantage de détails. Le ministre de l’Intérieur, Juanito Victor Remulla, a indiqué qu’aucun blessé n’avait été signalé et que les auteurs des tirs n’avaient pas encore été identifiés. Des forces de police ont ensuite été déployées pour sécuriser les environs et rechercher les tireurs présumés.
La CPI au cœur de la crise politique aux Philippines
Figure centrale de la guerre contre la drogue menée sous la présidence de Rodrigo Duterte, Ronald Dela Rosa est accusé d’avoir joué un rôle clé dans une campagne ayant causé des milliers de morts, principalement parmi des petits trafiquants et consommateurs présumés.
Quelques heures avant les incidents, l’ancien chef de la police avait appelé ses partisans à se mobiliser pour empêcher son arrestation. Devant le Sénat, près de 500 policiers anti-émeutes faisaient face à environ 250 manifestants réclamant son interpellation et son transfert à la CPI.
Arrêté à Manille le 11 mars 2025, Rodrigo Duterte est actuellement détenu à la prison de Scheveningen, à La Haye. Le mois dernier, la CPI a confirmé les accusations de crimes contre l’humanité à son encontre dans le cadre de sa politique antidrogue. Les procureurs estiment qu’il serait impliqué dans au moins 76 meurtres liés à cette campagne répressive.
Absent de la scène publique depuis novembre 2025, Ronald Dela Rosa est réapparu lundi lors d’un vote surprise ayant permis aux alliés de Rodrigo Duterte de reprendre le contrôle du Sénat philippin. La nouvelle direction de l’institution a depuis affirmé qu’elle ne permettrait son arrestation qu’en présence d’un mandat délivré par une juridiction philippine.