Pénalisée par la hausse des prix de l’énergie, la croissance économique française devrait ralentir au cours des prochains mois. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) prévoit une progression du PIB limitée à 0,2 % au premier comme au deuxième trimestre 2026. Une performance en légère baisse par rapport aux précédentes estimations de décembre, qui tablaient sur +0,3 % sur ces deux périodes.
Malgré ce ralentissement, l’économie française montrerait encore des signes de résistance. Après une croissance de 0,5 % au troisième trimestre 2025, puis un essoufflement à 0,2 % au quatrième trimestre, l’activité resterait sur un rythme modéré, portée par les dynamiques de reprise encore en cours.
Ce coup de frein s’explique principalement par le nouveau contexte international. Selon l’Insee, la forte hausse des prix du pétrole et du gaz — le baril évoluant autour de 100 dollars contre environ 60 dollars auparavant — alimente une inflation qui pourrait dépasser 3 % d’ici juin dans plusieurs économies, et avoisiner 2 % en France.
Pour autant, cette poussée inflationniste ne devrait pas, à ce stade, se diffuser à l’ensemble de l’économie, à l’exception notable du secteur du transport aérien, particulièrement exposé au coût du kérosène. L’institut retient l’hypothèse d’un maintien des cours du pétrole à un niveau élevé jusqu’au début de l’été, ce qui fragiliserait la croissance sans la faire basculer.
L’Insee alerte sur un possible impact plus fort au second semestre de la croissance
Du côté des ménages, l’impact se ferait surtout sentir sur le pouvoir d’achat, appelé à reculer. La consommation ralentirait progressivement : après une légère hausse au premier trimestre (+0,1 %), elle progresserait faiblement au deuxième (+0,2 %), les ménages commençant à ajuster leurs dépenses face à la hausse des prix, tout en amortissant dans un premier temps le choc grâce à leur épargne.
L’Insee note par ailleurs une hausse ponctuelle des achats de carburant en début de mois, sans effet durable sur la consommation globale. L’institut prévient toutefois que les conséquences les plus marquées du contexte international pourraient se matérialiser au second semestre.