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Dissolution de la secte Moon au Japon : fin des privilèges pour l’Église de l’Unification

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La Haute Cour de Tokyo ordonne la dissolution de l’aile japonaise de l’Église de l’Unification, accusée d’extorsion de fonds. La secte perd ses avantages fiscaux, mais ses activités restent possibles.
Dissolution de la secte Moon au Japon : fin des privilèges pour l’Église de l’Unification
Une cérémonie de mariages de masse de la secte Moon à Séoul en février 2023

La Haute Cour de Tokyo a ordonné la dissolution immédiate de l’aile japonaise de l’Église de l’Unification, plus connue sous le nom de secte Moon, reconnue coupable d’avoir extorqué d’importantes sommes à ses fidèles. La décision fait suite au rejet de l’appel de la secte contre un jugement de mars 2025, qui avait déjà prononcé sa dissolution. Le gouvernement japonais avait saisi la justice fin 2023 après une enquête déclenchée par l’assassinat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

Le jugement prive la secte de tous les avantages fiscaux et financiers liés à son statut d’organisation religieuse et prévoit la liquidation de ses avoirs. Cependant, ses activités ne sont pas interdites, laissant la possibilité à ses membres de continuer à pratiquer leur culte. Fondée en 1954 en Corée du Sud par Sun Myung Moon, l’Église s’était fortement implantée au Japon dans les années 1970 et 1980, imposant à ses adeptes des objectifs de dons jugés exorbitants.

Au Japon, une décision saluée par l’opinion publique, mais critiquée pour son absence de sanctions pénales

Dans les rues de Tokyo, de nombreux citoyens ont salué la décision de la Haute Cour. « Ce n’étaient pas des religieux mais des prédateurs, coupables d’escroquerie et d’extorsion en bande organisée », affirme un passant. Un autre ajoute : « La liberté de culte est un fondement de la démocratie, mais ici il fallait agir pour protéger les adeptes en danger. »

Certains dénoncent toutefois un traitement jugé inégal. « Une simple dissolution administrative, aucune sanction pénale… ils s’en sortent bien », déplore un témoin, rappelant que Tetsuya Yamagami, qui avait assassiné Shinzo Abe pour venger sa mère, ruinée par la secte, a écopé de la réclusion criminelle à perpétuité. La secte peut encore saisir la Cour suprême nippone pour contester la décision.

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