Lundi 2 mars 2026, la Chine et la Russie ont renouvelé leur appel à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations, suite aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, tout en restant en retrait sur le plan militaire. Les deux puissances ont dénoncé une « violation grave » de la souveraineté iranienne et des principes fondamentaux du droit international, selon les médias internationaux.
Pékin a condamné avec force l’assassinat du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, qualifié de « meurtre flagrant d’un dirigeant souverain ». Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a mis en garde contre le risque d’un « abîme dangereux » au Moyen-Orient. Fidèle à sa doctrine diplomatique, la Chine réaffirme son opposition aux interventions militaires unilatérales et son attachement au respect de la souveraineté des États et au dialogue. Le ministère chinois des Affaires étrangères a par ailleurs confirmé la mort d’un ressortissant chinois à Téhéran.
Enjeu stratégique et prudence diplomatique entre Chine – Russie
Au-delà de la condamnation officielle, Pékin s’inquiète surtout des conséquences économiques et stratégiques du conflit. La Chine reste le principal importateur du pétrole iranien, essentiel à son industrie et à ses raffineries. Près de 20 % du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, un point névralgique dont toute perturbation entraîne une hausse des prix. Une interruption prolongée des exportations iraniennes, estimées à environ 1,6 million de barils par jour, obligerait la Chine à se tourner vers des fournisseurs alternatifs, souvent plus coûteux et géopolitiquement instables.
De son côté, Moscou, malgré ses liens étroits avec Téhéran, s’est limitée à présenter ses condoléances sans envisager d’intervention directe. Cette crise survient dans un contexte de rivalité persistante entre Pékin et Washington. Pour le président Xi Jinping, l’enjeu est de protéger les intérêts stratégiques chinois au Moyen-Orient sans entrer en confrontation directe avec les États-Unis, une équation délicate où la stabilité régionale reste cruciale pour la sécurité énergétique et économique de la deuxième puissance mondiale.