En Turquie, la pression judiciaire s’accentue sur l’opposition. Le maire de Bursa, Mustafa Bozbey, a été placé en garde à vue ce mardi 31 mars dans le cadre d’une enquête pour « corruption ». Au total, 54 personnes ont été interpellées dans cette opération, tandis que quatre autres sont toujours recherchées.
Élu du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, Mustafa Bozbey est soupçonné de faits de « corruption » et de « blanchiment d’argent » remontant à son mandat à la tête d’un arrondissement de Bursa. Plusieurs membres de sa famille figurent parmi les personnes arrêtées.
Bursa, symbole politique dans le viseur des autorités en Turquie
Pour le CHP, cette arrestation s’inscrit dans une stratégie politique ciblée. Le parti souligne que l’opération intervient deux ans après les élections municipales du 31 mars 2024, marquées par la bascule de Bursa dans le camp de l’opposition après deux décennies de domination du parti du président Recep Tayyip Erdogan.
À l’échelle nationale, ce scrutin avait constitué un revers inédit pour le chef de l’État, faisant de Bursa un symbole de cette défaite. Depuis, les procédures judiciaires visant les élus CHP se multiplient. Au total, 18 maires du parti ont déjà été incarcérés, dont celui d’Istanbul, Ekrem Imamoglu.
Principal rival politique de Recep Tayyip Erdogan, Ekrem Imamoglu est jugé depuis le 9 mars dans un vaste procès pour corruption présumée. Lundi encore, il dénonçait à la barre une « tempête de procès » visant son camp. Il encourt une peine cumulée pouvant atteindre 2 300 ans de prison pour 142 chefs d’accusation.