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Russie en Afrique de l’Ouest : entre CEDEAO et AES, la diplomatie du juste milieu

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Moscou adopte une position stratégique en Afrique de l’Ouest, se plaçant à équidistance entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES). Tout en consolidant ses liens avec les régimes sahéliens, la Russie maintient une ouverture envers la CEDEAO, consciente des recompositions militaires et économiques de la région. Cette approche lui permet de pratiquer une diplomatie dite de « double jeu », en restant alliée de camps aux visions et territoires différents.
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Soutien militaire et dialogue régional

Dans le domaine de la sécurité, Moscou appuie la CEDEAO pour renforcer ses capacités militaires, lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, notamment via des formations et des échanges d’expertise avec des groupes comme Africa Corps. En parallèle, la Russie encourage le dialogue entre la CEDEAO et l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) afin de dépasser les tensions post-retrait et coordonner les efforts contre l’insécurité. Des discussions portent aussi sur le soutien russe à l’intégration économique et aux projets d’infrastructures régionaux.

Une diplomatie pragmatique face aux ruptures institutionnelles

Depuis le retrait officiel des trois pays sahéliens de la CEDEAO, Moscou plaide pour une coopération pragmatique et mutuellement bénéfique, sans remettre en cause la souveraineté de chaque État. Lors de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique au Caire (décembre 2025), le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont confirmé la volonté de la Russie de soutenir la CEDEAO dans la paix, la sécurité, les infrastructures et le commerce.

Relations renforcées avec le Sahel

Depuis quatre ans, Moscou s’impose comme un partenaire central pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dans un contexte de retrait des partenaires occidentaux. L’appui russe englobe la formation militaire, la fourniture d’équipements et le partage de renseignements. Sur le plan économique, des projets portent sur l’énergie, les mines et les infrastructures, avec des initiatives technologiques comme les satellites de communication et de surveillance.

Mali : un partenariat historique

La coopération russo-malienne remonte à l’indépendance (1960) et s’est intensifiée avec les accords militaires de 2003, effectifs en 2025. Les visites du président malien Assimi Goïta à Moscou et la création d’une commission intergouvernementale ont renforcé la coopération dans la défense, l’énergie et l’économie.

Burkina Faso : dynamisation après 2022

Les relations avec la Russie, initiées en 1967, se sont intensifiées après le coup d’État de septembre 2022. Les accords récents concernent l’énergie, la sécurité et le commerce, avec l’ouverture d’une ambassade russe en 2023 et la mise en œuvre de projets énergétiques et éducatifs.

Niger : alliances stratégiques post-2023

Depuis le coup d’État de juillet 2023, la coopération russo-nigérienne s’est intensifiée avec des accords militaires, miniers et nucléaires signés entre 2023 et 2025. La Russie consolide ainsi son influence au sein de l’AES et renforce la défense régionale.

La CEDEAO, partenaire à ménager

Dans les pays côtiers membres de la CEDEAO, Moscou adopte une approche prudente. La Côte d’Ivoire, capable de contenir les menaces sécuritaires, et le récent échec d’une tentative de coup d’État au Bénin ont montré que tout affrontement prolongé avec ces États plus stables comporte des risques. Le Kremlin privilégie donc une logique d’apaisement, cherchant à éviter une rupture durable avec la CEDEAO et à préserver ses intérêts économiques et diplomatiques.

Une stratégie d’influence équilibrée

La Russie poursuit ainsi une politique équilibrée en Afrique de l’Ouest : consolider ses alliances au Sahel tout en maintenant un dialogue constructif avec la CEDEAO. Cette double approche reflète une lecture pragmatique de la région, fragmentée mais confrontée à des menaces partagées, où la crédibilité russe dépend de sa capacité à collaborer avec l’ensemble des acteurs régionaux.

Avec Affairage.ci

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