Fin mars, des dizaines de véhicules militaires en provenance de Russie ont été livrés au Mali après avoir transité par le port de Conakry, en Guinée. La cargaison a été transportée à bord du cargo russe Sabetta, un navire inscrit sur la liste des entités sanctionnées par les États-Unis dans le cadre des mesures liées à la guerre en Ukraine.
Selon des images satellites datées du 6 mars et des données d’OSINT, le Sabetta avait auparavant chargé ces équipements dans le port de Baltiysk, dans l’enclave russe de Kaliningrad. Le navire a ensuite emprunté une route maritime passant par la Manche, où il a été surveillé par la Royal Navy, avant d’accoster à Conakry le 19 mars. De là, les équipements ont été acheminés par voie terrestre vers Bamako, sur un trajet d’environ 995 kilomètres.
Des équipements mêlant matériel russe et chinois potentiellement destinés aux forces maliennes et à l’Africa Corps
Les images et vidéos publiées après livraison montrent un ensemble hétérogène de matériels militaires, comprenant à la fois des blindés russes et des véhicules d’origine chinoise, notamment des modèles produits par Norinco comme les CS/VP14 et CS/VN9. Des équipements russes tels que les BMP-3, les blindés TIGR et VPK-Oural ont également été identifiés dans certains convois.
Selon plusieurs analystes, cette diversité suggère que la cargaison pourrait inclure des équipements fournis directement par la Russie, mais aussi du matériel chinois réexporté. Une hypothèse est que Moscou se procure certains véhicules auprès de Pékin avant de les redistribuer dans le cadre de ses opérations.
Ces livraisons pourraient être destinées aussi bien aux Forces armées maliennes qu’au contingent de l’Africa Corps présent dans le pays, notamment pour la sécurisation de Bamako, des bases militaires ou de sites stratégiques liés aux intérêts russes dans le secteur minier.