Au Bénin, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, lundi 29 juin 2026, le dossier d’un homme se présentant comme assistant vétérinaire, poursuivi pour « faux et usage de faux » ainsi que « blanchiment de capitaux ». Le prévenu a été interpellé lors d’une perquisition menée au domicile de son oncle, un policier à la retraite recherché dans le cadre de l’affaire de tentative de coup d’État déjoué du 7 décembre 2025.
Selon l’accusation, l’homme aurait usé d’une attestation délivrée par son père vétérinaire pour se présenter comme professionnel du secteur et en tirer des revenus. Il lui est reproché d’exercer des activités de soins aux animaux sans qualification reconnue, sur la base de ce document.
Les faits remontent à fin février 2026, lorsqu’il se serait rendu au domicile de son oncle pour lui rendre visite, alors que les forces de l’ordre procédaient à une perquisition. Son insistance à entrer dans la maison malgré la présence policière aurait conduit à son interpellation, la justice estimant également que la sensibilité du dossier impliquant son oncle justifiait un contrôle approfondi.
Bénin : téléphone fouillé, messages restaurés et origine des revenus contestée
Après son interpellation, les enquêteurs ont procédé à l’analyse de son téléphone. Selon le ministère public, des messages supprimés auraient été retrouvés et restaurés, certains contenant des propos critiques à l’encontre des autorités. D’autres échanges avec des connaissances auraient également été effacés.
Par ailleurs, une enquête patrimoniale a été ouverte afin de vérifier l’origine de ses revenus. Le prévenu affirme tirer ses ressources de la vente de chiots de race berger allemand, de consultations vétérinaires et d’activités d’élevage, estimant son chiffre d’affaires annuel à un peu plus de 4 millions de FCFA. Il soutient également financer la construction de sa résidence entamée en 2015.
À la barre, il a plaidé non coupable, affirmant n’avoir commis aucun faux et précisant que l’attestation contestée lui avait été délivrée par son père pour avoir travaillé à ses côtés pendant plus de vingt ans. La Cour a toutefois rappelé que ce document ne confère pas la qualité de vétérinaire.
Le ministère public du Bénin, de son côté, a mis en avant les incohérences du prévenu, notamment sur la suppression des messages et sa présence dans un domicile sous haute surveillance policière. Le dossier a été renvoyé à fin juillet 2026 pour les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense.