Le Soudan est plongé depuis le 15 avril 2023 dans un conflit armé opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Dans ce contexte, les États-Unis intensifient leur rôle de médiateur, en multipliant les pressions sur Khartoum, ce qui alimente des tensions croissantes avec le camp du général Abdel Fattah al-Burhan.
Selon plusieurs analystes du conflit, Washington durcit ses exigences, notamment en accusant le chef de l’armée soudanaise de rejeter des propositions américaines visant à instaurer une trêve humanitaire. Celle-ci est présentée comme une étape préalable à un cessez-le-feu durable, puis à l’ouverture d’un dialogue national. Ces pressions, à la fois diplomatiques, économiques et sécuritaires, visent à contraindre l’armée à accepter le cadre proposé par les États-Unis.
Au Soudan, divergences profondes sur le processus de paix et accusation de partialité
Sur le terrain politique, les positions restent fortement antagonistes. Khartoum refuse toute mise sur un pied d’égalité entre ses forces et les paramilitaires, accusés par l’ONU de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’armée maintient sa ligne dure, affirmant qu’aucun dialogue n’est envisageable sans reddition préalable des Forces de soutien rapide.
De son côté, le gouvernement dit « Tasis », issu des paramilitaires et basé à Nyala dans le sud-ouest du pays, a exprimé son soutien au discours du conseiller américain pour l’Afrique, Massad Boulos. Cette position accentue la fracture diplomatique.
Dans le camp militaire, les autorités accusent Washington de privilégier des intérêts économiques au détriment d’une solution durable pour la paix et la sécurité au Soudan. Malgré les initiatives internationales, l’armée soudanaise réaffirme sa stratégie : poursuivre le combat jusqu’à une victoire militaire contre les Forces de soutien rapide, avant toute négociation politique.