L’armée israélienne a annoncé, lundi, la suspension d’un bataillon de réserve à la suite de l’agression et de la détention d’une équipe de journalistes de la chaîne américaine CNN en Cisjordanie occupée. Les faits remontent à jeudi, lorsque les reporters couvraient les conséquences d’une attaque de colons et l’installation d’un avant-poste près du village palestinien de Tayasir, dans le nord-est du territoire.
Selon l’Association de la presse étrangère (FPA), les journalistes, pourtant « clairement identifiés », ont été pris pour cible par des soldats israéliens. Menacés, ils se sont vu ordonner d’interrompre leur tournage, tandis que des armes étaient pointées dans leur direction, en présence de civils palestiniens.
La FPA affirme qu’un photoreporter de CNN a été saisi à la gorge par un soldat, projeté au sol et que son matériel a été endommagé. L’équipe, ainsi que d’autres personnes présentes, aurait ensuite été retenue pendant près de deux heures, entravant leur travail. L’organisation a dénoncé une « attaque directe à la liberté de la presse ».
En réaction, le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a indiqué qu’une enquête avait été ouverte, précisant que ces actes ne « représentaient pas l’armée israélienne » et contrevenaient aux normes attendues de ses membres. À l’issue de cette enquête, l’armée a annoncé la suspension temporaire du déploiement opérationnel du bataillon concerné, qui devra suivre un processus de renforcement « professionnel et éthique » avant toute reprise d’activité.
Une pression accrue sur les journalistes en Cisjordanie
Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes pour les journalistes opérant en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Plusieurs organisations de défense des droits humains rapportent une multiplication des cas de détentions, de harcèlement et de violences, en particulier depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza.
D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 60 journalistes palestiniens ont été arrêtés ou emprisonnés par les forces israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Bien que les journalistes étrangers soient généralement moins exposés, ils restent confrontés à des intimidations régulières, notamment aux points de contrôle ou lors de reportages sur le terrain.
Selon le recensement publié par le CPJ en 2025, Israël figure parmi les pays détenant le plus grand nombre de journalistes depuis 2023, illustrant une détérioration persistante des conditions d’exercice de la presse dans les territoires palestiniens.