Il s’agit de la deuxième rencontre entre les deux dirigeants en quatre mois. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l’entretien s’est déroulé lors d’un déjeuner de travail suivi d’un échange en tête-à-tête. Ancien allié stratégique de Bachar al-Assad, Moscou cherche désormais à préserver ses positions militaires en Syrie, notamment ses bases encore actives dans le pays.
Interrogé sur une éventuelle extradition de l’ex-président syrien, réfugié en Russie depuis sa chute, le Kremlin a refusé de commenter. Sur la question militaire, Dmitri Peskov a indiqué que les discussions aborderaient nécessairement le dossier de la présence des forces russes sur le territoire syrien.
Retrait stratégique et cessez-le-feu fragile dans le nord-est syrien
Cette rencontre intervient dans un contexte de recomposition militaire. La Russie a récemment retiré ses troupes et ses équipements de l’aéroport de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, où elle disposait d’une installation depuis 2019, dans le cadre d’un accord avec la Turquie. Ce retrait survient alors que les forces kurdes, affaiblies, ont dû céder d’importants territoires à l’armée syrienne.
Depuis la chute de Bachar al-Assad, l’influence russe au Moyen-Orient s’est affaiblie, même si les relations entre Moscou et les nouvelles autorités syriennes restent cordiales. Le régime de Damas mène actuellement une offensive contre les zones auparavant contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, provoquant de fortes inquiétudes sécuritaires autour des camps et prisons où sont détenus d’anciens combattants de l’organisation État islamique.
Un cessez-le-feu, prolongé récemment de 15 jours, est en vigueur malgré des accusations réciproques de violations. Face à ce climat instable, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis ont appelé les différentes parties à éviter toute vacance sécuritaire susceptible de favoriser un retour des groupes jihadistes.