L’entente recherchée par le président américain s’éloignerait toutefois largement de l’accord de 2015, conclu sous l’administration Obama. Après avoir évoqué une option militaire et renforcé la présence navale américaine dans le Golfe, Donald Trump estime disposer d’un rapport de force favorable face à un régime iranien affaibli, notamment par des tensions internes entre Washington et Téhéran.
Washington durcit ses exigences
Les États-Unis entendent obtenir d’importantes concessions de la part de l’Iran : l’arrêt du soutien aux groupes armés régionaux tels que le Hezbollah et les Houthis, la fin totale de l’enrichissement de l’uranium ainsi qu’une limitation stricte du programme balistique. Des demandes jugées excessives par Téhéran, qui n’envisage pas d’aller au-delà des engagements pris en 2015, lorsque l’Iran avait accepté un régime de contrôle renforcé de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Abbas Araghchi a rappelé, dimanche 1er février sur CNN, que son pays partage l’objectif de ne pas se doter de l’arme nucléaire, tout en soulignant qu’un accord ne peut être envisageable sans levée des sanctions. Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs exclu toute discussion sur les capacités militaires et balistiques du pays.
Israël sceptique, la menace militaire en toile de fond
Le président iranien Masoud Pezeshkian a confirmé, mardi 3 février, avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères pour mener des négociations directes avec les États-Unis, à condition qu’elles se déroulent dans un climat « sans menaces ni exigences déraisonnables ». Une position qui contraste avec celle d’Israël, très réservé sur les chances de succès des pourparlers.
L’émissaire américain Steve Witkoff est attendu le 3 février en Israël pour rencontrer le Premier ministre Benyamin Netanyahu et le chef d’état-major Eyal Zamir, récemment rentré de Washington. Selon le site Axios, ce dernier y a présenté des plans militaires en cas de conflit. Devant le Parlement israélien, Benyamin Netanyahu a affirmé que son pays était « prêt à tous les scénarios », tout en appelant à un arrêt complet du programme nucléaire et balistique iranien ainsi que du soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux. La rencontre prévue à Istanbul, si elle a lieu, serait la première entre responsables américains et iraniens depuis la guerre de douze jours de juin 2025.