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Iran : un triumvirat au pouvoir pour organiser l’après-Khamenei

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Après la mort d’Ali Khamenei, l’Iran engage une transition conduite par un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et du religieux Alireza Arafi, avec un rôle clé pour Ali Larijani.
Iran : un triumvirat au pouvoir pour organiser l’après-Khamenei
Ari Larijani, principal responsable de la sécurité en Iran

Au lendemain de la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué samedi lors de frappes américano-israéliennes, l’Iran a engagé, dimanche 1er mars, un processus de transition institutionnelle. Selon un média d’État, la direction du pays sera provisoirement assurée par un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et du dignitaire religieux Alireza Arafi, membre de l’Assemblée des experts et du Conseil des Gardiens de la Révolution.

Ce Conseil de direction provisoire est chargé d’assurer l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau guide suprême. Un autre acteur clé doit jouer un rôle déterminant dans cette phase sensible : Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, qui a présenté dimanche les grandes lignes de la transition post-Khamenei.

En Iran, les figures clés du nouvel équilibre institutionnel

Élu en juillet 2024 après la mort de son prédécesseur dans un accident d’hélicoptère, Massoud Pezeshkian, 71 ans, est un chirurgien cardiaque devenu homme politique, souvent présenté comme réformateur. Né en 1954 à Mahabad, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, il est issu d’un père iranien d’origine turque et d’une mère kurde. Réputé pour son tempérament posé, il a dirigé le gouvernement durant des périodes de fortes tensions, notamment la guerre dite « de douze jours » en 2025 et les manifestations massives de début janvier. Dimanche, il a qualifié l’assassinat d’Ali Khamenei de « déclaration de guerre contre les musulmans partout dans le monde », estimant que venger sa mort constituait un « droit et un devoir légitime » pour l’Iran.

À 69 ans, Gholamhossein Mohseni Ejei est une figure centrale de l’appareil judiciaire et sécuritaire iranien. Né dans la province d’Ispahan, ce religieux chiite, titulaire du rang d’hodjatoleslam, a été nommé chef du pouvoir judiciaire en 2021 par Ali Khamenei. Ancien ministre du Renseignement, il avait été placé sous sanctions américaines en 2010 pour de graves violations des droits humains liées à la répression des manifestations de 2009. Dimanche, il a affirmé que « la grande nation iranienne ne pardonnera jamais le sang versé de son guide héroïque ».

Alireza Arafi, 65 ans, est le plus jeune et le moins connu des trois membres du Conseil provisoire. Deuxième vice-président de l’Assemblée des experts et responsable du centre de gestion des séminaires chiites, il a étudié les sciences islamiques à Qom. Selon son site officiel, il aurait été emprisonné à 16 ans pour son opposition au chah Mohammad Reza Pahlavi avant la Révolution islamique. Il a assuré dimanche que « la nation poursuivra le chemin de la révolution et vengera le sang du peuple, de la jeunesse et des étudiants ».

Enfin, Ali Larijani, 68 ans, dirige le Conseil suprême de sécurité nationale, plus haute instance sécuritaire du pays. Né à Najaf, en Irak, il est le fils d’un dignitaire chiite proche de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique. Ancien membre des Gardiens de la Révolution durant la guerre Iran-Irak et ex-négociateur en chef sur le nucléaire entre 2005 et 2007, il a juré sur X de frapper Israël et les États-Unis « avec une force qu’ils n’ont jamais connue », tout en détaillant les mécanismes de la transition institutionnelle.

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