MOYEN-ORIENT

Jeunes Français transférés en Irak : l’État refuse leur rapatriement malgré des conditions de détention inquiétantes

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Cinq jeunes adultes français, emmenés enfants en Syrie par leurs parents pour rejoindre l’EI, ont été transférés vers une prison irakienne. Leurs avocats dénoncent des conditions de détention alarmantes et réclament leur rapatriement.
Jeunes Français transférés en Irak : l’État refuse leur rapatriement malgré des conditions de détention inquiétantes
Des soldats américains montent la garde dans le centre de détention de Camp Cropper

En janvier dernier, sous la pression de l’armée syrienne, des milliers de combattants kurdes se retiraient du nord-est de la Syrie, laissant derrière eux plusieurs prisons abritant des hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à l’organisation État islamique (EI). Pour limiter les risques sécuritaires, 5 700 détenus ont été transférés ces dernières semaines vers l’Irak, parmi lesquels cinq hommes français, emmenés en Syrie par leurs parents alors qu’ils étaient encore enfants.

Ces jeunes adultes attendent désormais d’être jugés en Irak, la France refusant toujours leur rapatriement. Selon leurs avocats, ces transferts sont « ignobles » et les condamnent d’avance, alors même qu’ils n’ont pas choisi leur parcours. Ils sont désormais détenus à la prison d’al-Karkh, à Bagdad, un ancien centre de détention de l’armée américaine connu sous le nom de camp Cropper, aux côtés de détenus de 61 nationalités différentes.

Des conditions de détention préoccupantes pour les français et des interrogatoires sous pression

Les avocats alertent sur des conditions de détention préoccupantes. Certains jeunes ont marché sur des mines, d’autres présentent encore des fractures ou des éclats d’obus dans la tête nécessitant des soins urgents. Mais c’est surtout leur état psychologique qui inquiète : « cet abandon, être là-bas au milieu de la guerre, sans aucun soutien ni possibilité de se projeter », déplore Me Matthieu Bagard.

Selon leurs défenseurs, les interrogatoires menés par le service antiterroriste irakien s’accompagnent de pressions physiques et psychologiques, allant jusqu’aux tortures et menaces, afin de faire reconnaître leur présence en Irak sous l’EI et de justifier la compétence des juridictions locales. Ces jeunes Français restent également sous enquête à Paris pour des faits de terrorisme, dont certains remontent à leur minorité, et certains ont été filmés enfants dans des vidéos de propagande de l’EI.

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