Les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour constituer une coalition internationale chargée d’assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % des hydrocarbures consommés dans le monde. Selon les révélations du Wall Street Journal publiées jeudi, l’administration américaine a demandé à ses ambassades de convaincre leurs pays partenaires de rejoindre ce dispositif.
S’appuyant sur un télégramme du département d’État, le quotidien américain évoque un projet baptisé « Mécanisme de liberté maritime ». Cette initiative prévoirait la mise en place d’une coalition dirigée par Washington, chargée de partager des renseignements, de coordonner les actions diplomatiques et de veiller à l’application des sanctions dans la zone.
Détroit d’Ormuz : un bras de fer prolongé aux lourdes conséquences économiques
Au cœur des tensions, le détroit d’Ormuz demeure paralysé par un double verrouillage : d’un côté, les entraves iraniennes à la navigation, de l’autre, la pression militaire et économique exercée par les États-Unis. Alors que les discussions entre les deux camps stagnent, un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison-Blanche était prête à maintenir ce blocus « pendant des mois si nécessaire ».
Washington justifie cette stratégie par la nécessité de préserver les échanges maritimes mondiaux. « Votre participation renforcera notre capacité collective à rétablir la liberté de navigation et à protéger l’économie mondiale », souligne le message diplomatique cité par le journal, qui insiste sur l’importance d’une mobilisation commune afin « d’imposer des coûts significatifs à l’obstruction iranienne ».
Dès la fin mars, Donald Trump avait exhorté ses alliés européens à s’engager davantage dans la région, avant de dénoncer publiquement leur refus d’y déployer des moyens militaires. La Maison-Blanche avait alors regretté que l’OTAN se détourne des intérêts américains malgré le soutien financier massif de Washington à la défense du continent.
Sur les marchés, cette montée des tensions a immédiatement ravivé les inquiétudes : jeudi, le prix du pétrole a franchi la barre des 125 dollars le baril, porté par la crainte d’un blocus durable des ports iraniens et d’un choc prolongé sur l’approvisionnement énergétique mondial.