Une fuite face à la justice polonaise
Agé de 55 ans, Ziobro a été ministre de la Justice et procureur général de Pologne. Il est poursuivi pour abus de pouvoir et association de malfaiteurs pour des faits survenus entre 2015 et 2023. En novembre 2025, la Diète avait levé son immunité parlementaire et autorisé sa détention provisoire.
Refusant de répondre aux convocations judiciaires, Ziobro dénonce une « persécution politique » orchestrée par l’exécutif de Donald Tusk. Sur le réseau social X, il a expliqué avoir « décidé de recourir à l’asile politique accordé par le gouvernement hongrois » et a remercié « vivement le président Viktor Orban ». Il a également dénoncé « le banditisme » et « l’instauration progressive d’une dictature » en Pologne.
Les accusations contre Ziobro
L’ancien ministre est soupçonné d’avoir détourné des fonds destinés aux victimes de crimes pour des fins politiques, ainsi que pour financer l’achat du logiciel espion israélien Pegasus, utilisé à l’époque pour surveiller des opposants politiques.
Si sa culpabilité est reconnue, Ziobro, actuellement sous traitement contre le cancer, encourt jusqu’à 25 ans de prison.
Réactions en Pologne
Le vice-ministre polonais de la Défense, Cezary Tomczyk, a critiqué son départ : « Un ancien ministre de la Justice qui se soustrait à ses responsabilités en fuyant dans le pays d’Orban, ami de Poutine ».
Ziobro est également connu pour avoir piloté plusieurs réformes judiciaires controversées entre 2015 et 2023, provoquant un bras de fer avec la Commission européenne qui jugeait ces mesures contraires à l’État de droit et à l’équilibre des pouvoirs.
Le gouvernement pro-européen de Donald Tusk, aux affaires depuis 2023, souhaite revenir sur ces réformes. Mais le président nationaliste Karol Nawrocki, élu en juin 2025 avec le soutien du PiS, y oppose régulièrement son veto.