Le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan a fait au moins 372 morts civils afghans entre janvier et fin mars 2026, selon un rapport publié mardi 12 mai par l’ONU. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) précise que « plus de la moitié » de ces victimes seraient liées aux frappes aériennes pakistanaises, notamment celles ayant touché le 16 mars l’hôpital Omid de Kaboul, spécialisé dans le traitement des personnes toxicomanes.
Le rapport indique également 397 blessés sur la même période, sur la base de plusieurs sources indépendantes. Ce bilan trimestriel constitue le plus élevé depuis 2011 et dépasse largement celui de l’année 2025, où 87 civils avaient été tués. Parmi les victimes recensées figurent 13 femmes, 46 enfants et 313 hommes, ces derniers étant majoritairement touchés lors des bombardements du 16 mars.
Afghanistan-Pakistan : accusations croisées et intensification d’un conflit régional
Les autorités pakistanaises contestent ces chiffres et affirment, dans le même rapport, que 130 civils et membres des forces de sécurité ont été tués au Pakistan depuis janvier. Islamabad accuse par ailleurs l’Afghanistan d’abriter des groupes responsables d’attaques sur son territoire, notamment après un attentat suicide ayant tué 15 policiers, attribué à des réseaux basés en Afghanistan.
De son côté, le Pakistan assure que ses frappes visaient uniquement des « infrastructures terroristes et militaires », niant toute attaque contre des hôpitaux ou centres de réhabilitation. L’UNAMA affirme toutefois avoir constaté sur place les impacts des frappes à Kaboul et souligne que le bilan réel pourrait être plus élevé, certains corps n’ayant pas pu être identifiés.
Face à cette escalade, l’ONU appelle les deux parties à respecter le droit international humanitaire, à éviter les zones civiles et à enquêter sur les violations présumées. Elle recommande également aux autorités afghanes de mettre en place un registre des personnes disparues afin d’aider les familles à obtenir des réponses.