Lors de son discours de politique générale devant la Chambre des députés, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a appelé jeudi 9 avril à envisager une suspension « généralisée » des règles européennes encadrant le déficit public, si le conflit au Moyen-Orient venait à se prolonger. Elle s’inquiète des répercussions économiques potentielles, notamment sur les prix de l’énergie, dans un contexte déjà marqué par des tensions avec les États-Unis et Israël.
Selon elle, une réponse européenne coordonnée pourrait devenir nécessaire : « Si la crise au Moyen-Orient devait perdurer, nous devrions sérieusement nous poser la question d’une réponse européenne », a-t-elle déclaré, estimant qu’une suspension temporaire du Pacte de stabilité ne devrait pas être « un tabou ». Elle plaide pour une mesure globale, et non des dérogations accordées État par État.
Meloni, un débat relancé sur la flexibilité du Pacte de stabilité face aux crises
Cette proposition intervient alors que les règles budgétaires européennes ne peuvent être suspendues que dans des circonstances exceptionnelles, comme lors de la pandémie de Covid-19. La Commission européenne rappelle toutefois que la « clause dérogatoire générale » n’est activée qu’en cas de crise économique sévère touchant l’ensemble de l’Union ou de la zone euro, ce qui n’est pas le cas actuellement selon Bruxelles.
Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, souligne que les prévisions tablent plutôt sur un ralentissement modéré de la croissance en 2026. Il rappelle également que la réforme du Pacte de stabilité adoptée en 2024 offre déjà certaines marges de flexibilité budgétaire aux États membres.
En Italie, le gouvernement a déjà réduit temporairement certaines taxes sur les carburants face à la hausse des prix de l’énergie, et Giorgia Meloni se dit prête à aller plus loin pour limiter l’impact sur les ménages. L’opposition, elle, dénonce une incohérence et critique la gestion économique de l’exécutif, alors que le déficit public italien reste légèrement au-dessus du seuil européen de 3 % du PIB.