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Mahdieh Esfandiari condamnée en France : un possible échange diplomatique avec l’Iran en toile de fond

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L’Iranienne Mahdieh Esfandiari a été condamnée à un an de prison ferme et interdite du territoire français pour apologie du terrorisme. Téhéran évoque un possible échange avec les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours assignés à l’ambassade à Téhéran.
Mahdieh Esfandiari condamnée en France : un possible échange diplomatique avec l’Iran en toile de fond
L’Iranienne Mahdieh Esfandiari

L’Iranienne Mahdieh Esfandiari a été condamnée jeudi 26 février à un an de prison ferme, assorti d’une interdiction définitive du territoire français, pour apologie du terrorisme. Âgée de 39 ans, elle a annoncé son intention de faire appel par la voix de son avocat, Me Nabil Boudi.

Sortie libre du tribunal, l’accusée pourrait devenir un enjeu diplomatique sensible entre Paris et Téhéran. Les autorités iraniennes ont en effet exprimé le souhait d’un échange avec les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France en Iran depuis novembre, après leur libération de prison.

Lors de l’audience du 16 janvier, le parquet avait requis quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, ainsi qu’une interdiction définitive du territoire. La procureure avait toutefois estimé qu’une réincarcération n’était pas nécessaire, l’accusée ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire.

Poursuivie pour apologie du terrorisme, provocation en ligne à un acte terroriste, injure publique aggravée et association de malfaiteurs — aux côtés de quatre autres prévenus — Mahdieh Esfandiari est accusée d’avoir alimenté en 2023 et 2024 les comptes liés à l’organisation « Axe de la Résistance » sur les réseaux sociaux et sur le site Égalité et Réconciliation, fondé par l’essayiste d’extrême droite Alain Soral.

À la barre, Mahdieh Esfandiari a reconnu être à l’origine de la chaîne « Axe de la Résistance », tout en niant avoir rédigé les publications incriminées. Elle a par ailleurs qualifié les attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas en Israël d’« acte de résistance », suscitant une vive controverse.

À l’issue du jugement, Me Boudi a dénoncé une décision qu’il juge influencée par des considérations diplomatiques. « Nous espérons une décision rendue sur la base du droit et des faits », a-t-il déclaré.

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De son côté, Téhéran estime que sa ressortissante a été injustement détenue et réclame publiquement un échange. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé fin novembre qu’un accord avait été négocié et que « tout est prêt », dans l’attente de la fin des procédures judiciaires en France.

À Paris, le ministère des Affaires étrangères souligne l’indépendance de la justice française et se refuse à tout commentaire sur les conséquences du jugement. Son porte-parole, Pascal Confavreux, a simplement indiqué que Cécile Kohler et Jacques Paris « vont bien » et sont « en sécurité ».

Arrêtés en mai 2022 en Iran, les deux Français ont été condamnés en octobre dernier à de lourdes peines — respectivement 20 et 17 ans de prison — notamment pour espionnage. Après trois ans et demi d’incarcération, ils ont été libérés début novembre 2025 mais demeurent assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.

Ce dossier sensible intervient dans un contexte régional explosif. Les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans le Golfe, tandis que des discussions sur le programme nucléaire iranien doivent reprendre à Genève. Les modalités d’un éventuel échange de prisonniers restent, à ce stade, inconnues.

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