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Ukraine : Valeri Zaloujny affirme que l’adhésion à l’Otan est hors de portée et relance le débat sur la sécurité de Kiev

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Valeri Zaloujny estime que l'Ukraine n'intégrera jamais l'Otan. Ses déclarations relancent le débat sur les garanties de sécurité et son avenir politique.
Ukraine : Valeri Zaloujny affirme que l'adhésion à l'Otan est hors de portée et relance le débat sur la sécurité de Kiev
Le général Zaloujny, l'homme à la tête de l'armée ukrainienne

L’avenir de l’Ukraine au sein de l’Otan fait de nouveau l’objet d’intenses discussions. En affirmant que Kiev n’intégrera « malheureusement jamais » l’Alliance atlantique, Valeri Zaloujny s’est démarqué de la ligne officielle défendue par les autorités ukrainiennes. Cette prise de position soulève des interrogations sur les choix stratégiques du pays et sur les ambitions de l’ancien chef de l’armée.

Une déclaration qui rompt avec la position officielle de Kiev

Ambassadeur d’Ukraine au Royaume-Uni et ancien commandant en chef des forces armées, Valeri Zaloujny s’est exprimé le 3 août devant les ambassadeurs ukrainiens réunis à Kiev. Selon lui, les promesses d’une future adhésion à l’Otan se répètent depuis des années sans jamais se concrétiser.

L’ancien responsable militaire affirme avoir participé pendant plus d’une décennie aux efforts visant à rapprocher l’armée ukrainienne des standards de l’Alliance. Malgré ce travail, il estime que la perspective d’une intégration reste irréaliste.

Ses critiques vont plus loin. Il considère que l’Otan peine à adapter sa doctrine aux conflits modernes et demeure trop attachée à des approches héritées du siècle dernier.

Cette analyse contraste avec la politique officielle de l’Ukraine. L’adhésion à l’Alliance atlantique figure toujours parmi les objectifs inscrits dans la Constitution et continue de bénéficier d’un fort soutien populaire.

Le politologue Olexiy Haran s’est dit surpris par ces propos. Selon lui, malgré les frustrations provoquées par la guerre et les retards accumulés, Kiev poursuivra ses efforts pour rejoindre l’Otan.

Un message adressé aux alliés occidentaux

Pour plusieurs observateurs, cette déclaration ne traduit pas nécessairement une rupture avec les partenaires occidentaux. Elle pourrait plutôt constituer un signal destiné aux alliés afin d’obtenir des engagements plus concrets.

Olexiy Haran estime que Valeri Zaloujny cherche peut-être à rappeler que, si une adhésion reste inaccessible, les pays occidentaux doivent renforcer leur soutien militaire afin de garantir la sécurité de l’Ukraine.

Ruslan Bortnik partage en partie cette lecture. Selon lui, l’ancien chef de l’armée pourrait vouloir accentuer la pression sur les membres de l’Alliance afin d’obtenir davantage d’aide financière et d’équipements militaires.

Dans le même temps, Valeri Zaloujny souligne que l’expérience acquise par les forces ukrainiennes dans les domaines des drones, de la défense aérienne et des frappes à longue portée constitue désormais un atout reconnu, parfois supérieur à celui de plusieurs armées occidentales.

Une dimension politique et une réflexion sur l’après-Otan

Au-delà de l’aspect militaire, certains experts voient une portée politique dans cette intervention. Ruslan Bortnik estime que ce discours pourrait rapprocher la position de Valeri Zaloujny de celle de l’administration de Donald Trump, qui ne soutient pas une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Otan.

Cette stratégie pourrait également renforcer son image sur la scène internationale. Régulièrement cité parmi les personnalités susceptibles de briguer la présidence face à Volodymyr Zelensky, l’ancien commandant conserve une forte popularité dans le pays.

Olexiy Haran appelle toutefois à la prudence. L’Ukraine étant toujours sous la loi martiale, aucune élection présidentielle ne peut être organisée pour le moment. Il juge donc prématuré de relier directement ces déclarations à une éventuelle campagne électorale.

Parallèlement, Valeri Zaloujny invite à réfléchir à de nouvelles garanties de sécurité en Europe. Il évoque notamment la Force expéditionnaire conjointe (JEF), pilotée par le Royaume-Uni et composée de dix États européens.

Depuis novembre 2025, l’Ukraine bénéficie du statut de premier partenaire renforcé de cette coalition. Ce cadre lui permet de participer à des échanges de renseignements, à des exercices militaires communs et à la planification régionale. En revanche, la JEF ne prévoit pas de mécanisme de défense collective comparable à celui de l’article 5 de l’Otan.

Pour Ruslan Bortnik, ces discussions témoignent d’une évolution plus profonde. Plusieurs pays européens exploreraient désormais des formats de coopération militaire complémentaires, susceptibles de répondre plus efficacement aux défis posés par la guerre en Ukraine.

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