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Frappes russes en Ukraine : plus d’un million de foyers plongés dans le froid et l’obscurité en plein hiver

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Une nouvelle vague de frappes russes a frappé l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi, touchant de plein fouet des infrastructures énergétiques stratégiques dans le sud et le centre du pays. Les régions de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia figurent parmi les plus lourdement affectées. Conséquence immédiate : plus d’un million de foyers se sont retrouvés privés d’électricité, d’eau courante et de chauffage, alors que les températures hivernales descendent largement sous zéro.
Frappes russes en Ukraine : plus d’un million de foyers plongés dans le froid et l’obscurité en plein hiver
Des sauveteurs sur le site d'une attaque de missile à Zaporijjia

Frappes russes en Ukraine : Selon les autorités ukrainiennes, l’attaque s’est déroulée sur plusieurs heures, mobilisant principalement des drones explosifs visant des sites clés du réseau électrique. Le gestionnaire national du réseau, Ukrenergo, a confirmé d’importants dégâts sur des installations assurant l’alimentation de vastes zones urbaines et industrielles. Dans certaines localités, le courant a été totalement interrompu, paralysant les transports, les services publics et les systèmes de chauffage collectif, essentiels en cette période de grand froid.

Une crise énergétique aux lourdes conséquences humaines

Dans la région de Dnipropetrovsk, l’une des plus peuplées d’Ukraine, l’impact a été immédiat et massif. Les autorités locales ont évoqué une infrastructure critique gravement endommagée, alimentant jusqu’alors la majeure partie du territoire régional. Très vite, les robinets se sont taris dans de nombreux quartiers, tandis que les radiateurs restaient désespérément froids dans des immeubles entiers.

Oleksiy Kouleba, vice-Premier ministre chargé de la reconstruction, a indiqué que les équipes de réparation travaillaient sans relâche pour tenter de rétablir les services essentiels. « Les travaux se poursuivent afin de rétablir l’approvisionnement en chauffage et en eau pour plus d’un million d’abonnés », a-t-il assuré, reconnaissant toutefois que la situation restait critique dans plusieurs zones. Dans les villes, des écoles ont dû fermer temporairement, des hôpitaux ont basculé sur des générateurs de secours et les autorités ont appelé la population à limiter toute consommation électrique non indispensable.

À Zaporijjia, région déjà marquée par la proximité de la ligne de front, l’électricité a pu être partiellement rétablie après plusieurs heures. Les responsables locaux ont néanmoins souligné que l’approvisionnement en chauffage et en eau demeurait fragile et dépendait de réparations toujours en cours. Pour de nombreux habitants, la nuit s’est déroulée dans le froid, parfois à la lueur de bougies ou de lampes torches, dans un silence seulement rompu par le bruit lointain des générateurs.

Des infrastructures ciblées au cœur d’une stratégie hivernale

Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie désormais bien identifiée de Moscou. Depuis le début de l’invasion à grande échelle lancée en février 2022, la Russie cible régulièrement les infrastructures énergétiques ukrainiennes, en particulier à l’approche et pendant l’hiver. L’objectif est double : fragiliser l’économie et exercer une pression directe sur la population civile, en rendant le quotidien plus difficile dans des conditions climatiques extrêmes.

Ces derniers mois, les attaques se sont intensifiées, combinant drones et missiles contre des centrales électriques, des sous-stations et des réseaux de distribution. Malgré les efforts constants de réparation et les aides occidentales destinées à renforcer la résilience énergétique du pays, le système reste vulnérable. Chaque frappe majeure entraîne des coupures en cascade, parfois sur plusieurs jours, et mobilise des milliers de techniciens travaillant souvent sous la menace de nouvelles attaques.

Le fournisseur privé DTEK a indiqué avoir rétabli l’électricité dans une partie des infrastructures critiques de Dnipropetrovsk, promettant de « tout mettre en œuvre » pour reconnecter progressivement les foyers. Mais sur le terrain, la réalité reste difficile. Dans de nombreux immeubles, le chauffage central dépend directement de l’électricité, rendant la vie quotidienne presque impossible pour les personnes âgées ou les familles avec de jeunes enfants.

Une population éprouvée, entre résilience et inquiétude

Face à cette nouvelle épreuve, les autorités locales ont réactivé des « points de résilience », ces centres d’accueil chauffés où les habitants peuvent se réchauffer, obtenir de l’eau potable et recharger leurs téléphones. Les files d’attente se sont rapidement allongées, notamment dans les quartiers les plus touchés. Pour beaucoup, ces lieux sont devenus indispensables pour maintenir un minimum de normalité.

Les services d’urgence alertent sur les risques sanitaires liés au froid prolongé, en particulier dans les logements mal isolés. Hypothermie, aggravation des maladies chroniques et difficultés d’accès aux soins figurent parmi les principales inquiétudes. Dans les rues de Dnipro, capitale régionale de Dnipropetrovsk, les transports publics électriques ont été suspendus pendant plusieurs heures, obligeant les habitants à se déplacer à pied malgré le verglas et les températures négatives.

Alors que les réparations se poursuivent, l’Ukraine se prépare déjà à d’éventuelles nouvelles frappes. Les autorités appellent à la vigilance et à la solidarité, conscientes que l’hiver est loin d’être terminé.

Avec AFP

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