Face au blocage politique, Sébastien Lecornu entend changer de méthode. Il prévoit de rencontrer toutes les formations politiques ainsi que les partenaires sociaux autour de cinq thèmes jugés « prioritaires » : le déficit, la réforme de l’État, l’énergie, l’agriculture et la sécurité intérieure et extérieure.
Ces discussions pourraient ensuite déboucher sur des votes par thématique afin de créer « un cadre de compromis » pour le budget, précise Matignon.
Défense et armées : un vote prioritaire
Le gouvernement soumettra dès la semaine prochaine un vote spécifique sur la défense. Les armées seraient « les premières victimes » d’un échec budgétaire, mettant en péril la hausse de six milliards d’euros prévue dans la loi de programmation militaire.
Énergie et agriculture au centre du débat
Sébastien Lecornu juge l’énergie « un enjeu majeur », le Parlement devant clarifier la programmation pluriannuelle, qui impacte les finances publiques et le pouvoir d’achat.
Pour l’agriculture, un consensus large est recherché sur la future politique agricole commune avec Bruxelles.
Réforme de l’État et décentralisation
Le Premier ministre souhaite avancer rapidement sur la réforme de l’État et la décentralisation, avec un projet de loi qui pourrait être présenté au Conseil des ministres. Il a rappelé que le budget 2026 devra « garder une cible de déficit à moins de 5 % du PIB ».
Blocages politiques et accusations de cynisme
Sébastien Lecornu dénonce « une forme de cynisme » et critique certains comportements politiques, notamment ceux de La France insoumise, du Rassemblement national et, implicitement, du président du groupe Les Républicains, Bruno Retailleau.
Parcours du budget au Sénat
Pendant ce temps, les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale continuent leur examen au Sénat. Les sénateurs débattent depuis plusieurs jours du budget de la Sécu, avec un vote solennel prévu mercredi après-midi.
En commission des Finances, le volet « recettes » du budget de l’État est examiné lundi matin avant son arrivée en séance jeudi. La droite sénatoriale, rigide, refuse presque tous les compromis trouvés à l’Assemblée nationale et s’oppose à la « suspension » de la réforme des retraites et au « dégel » des prestations sociales, votes cruciaux prévus mardi soir.