ECONOMIE

8 mars 2026 : la baisse des financements menace les droits et l’autonomie des femmes

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La chute des financements américains et européens fragilise l’accès aux soins, la contraception et les programmes contre les violences de genre. Les ONG appellent la France, présidente du G7, à concrétiser sa diplomatie féministe lors des 8 mars 2026.
8 mars 2026 : la baisse des financements menace les droits et l’autonomie des femmes
8 mars 2026 : illustration

La Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars 2026, intervient dans un contexte politique et économique inédit. Jusqu’ici, les États-Unis figuraient parmi les principaux bailleurs de fonds dans les domaines de la défense des droits et de la santé sexuelle. Mais ces financements ont chuté de 94 % en 2025. Parallèlement, l’aide publique européenne a également subi d’importantes réductions.

Ces coupes budgétaires ont des répercussions immédiates sur l’accès aux soins et à la contraception. Elles s’inscrivent dans un climat d’attaques contre l’égalité femmes-hommes, avec des effets économiques notables pour les femmes et pour l’ensemble de la société.

Pour Christiane Yelibi, coordinatrice de programme à Speak Up Africa basée à Dakar, ce recul fragilise particulièrement les organisations communautaires. Il contribue aussi à accentuer les inégalités économiques. « Tout ça a un impact. Cela retire encore plus les femmes de l’espace public, là où se posent les questions de travail et d’accès à un revenu d’autonomie individuelle », explique-t-elle au micro de Charlotte Cosset, du service économie de RFI lors des 8 mars. Elle souligne également les conséquences sur la stabilité économique, souvent liée à la vulnérabilité face aux violences basées sur le genre.

8 mars : les ONG appellent à une diplomatie féministe plus concrète

Face à cette situation, les associations féministes appellent à un sursaut politique. Elles se tournent notamment vers la France, qui revendique une « diplomatie féministe » et qui assure cette année la présidence du G7, réunissant les principales économies mondiales.

Pour Lucie Daniel, responsable d’études chez Equipop, ONG engagée pour les droits et la santé des femmes et des filles, l’enjeu est désormais de traduire cette stratégie en actions concrètes. « La France est engagée à porter un discours fort sur l’égalité de genre dans toutes les instances multilatérales. Elle va devoir faire la démonstration de cette diplomatie féministe », explique-t-elle. Selon elle, cela passe notamment par un soutien financier accru aux mouvements féministes.

Une étude menée par ONU Femmes auprès de plus de 400 organisations de défense des droits des femmes illustre l’ampleur des difficultés. Une organisation sur trois a été contrainte de suspendre ou de fermer ses programmes de lutte contre les violences basées sur le genre. Et seules 5 % d’entre elles estiment pouvoir poursuivre leurs activités au-delà de deux ans dans les conditions actuelles.

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