CULTURE

Mort de Daniel Melingo, l’artiste sans frontières du rock et du tango argentin

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Mort à 68 ans, Daniel Melingo laisse une œuvre inclassable entre rock, jazz et tango. Musicien argentin éclectique, il a sans cesse réinventé sa musique et les genres.
Mort de Daniel Melingo, l'artiste sans frontières du rock et du tango argentin
Daniel Melingo, "Anda Tour 2017" Rome, Italie © Fabrizio Sodani/Pacific Press/LightRocket via Getty Images

Mort le 30 juin à Buenos Aires à l’âge de 68 ans, Daniel Melingo laisse derrière lui une trajectoire artistique marquée par l’éclectisme et le refus constant des étiquettes. Clarinettiste, saxophoniste, chanteur et compositeur, l’Argentin a traversé les styles avec une liberté rare, du rock psychédélique au punk, du reggae au tango réinventé, sans jamais s’installer durablement dans un genre.

Formé très tôt à la musique au sein des conservatoires de Buenos Aires, il forge son identité entre rigueur académique et curiosité instinctive. Après un passage au Brésil aux côtés de Milton Nascimento, il s’impose sur la scène rock argentine avec Los Abuelos de la Nada, puis avec Los Twist, contribuant à définir l’énergie débridée des années 1980. Sa collaboration avec Charly García confirme son statut de musicien incontournable, notamment au saxophone sur plusieurs titres emblématiques.

Installé ensuite en Espagne, au cœur de la Movida madrilène, il multiplie les expériences avec des formations mêlant rock, jazz, blues, flamenco et reggae, poursuivant une logique d’expérimentation permanente.

Mort de Daniel Melingo : du tango des marges à l’invention permanente

De retour en Argentine dans les années 1990, Daniel Melingo amorce un virage décisif avec Tangos bajos (1998), où il s’invente une nouvelle identité de « tanguero orillero ». Inspiré du lunfardo et de figures populaires du tango, il explore un univers plus sombre, poétique et marginal, qui lui ouvre progressivement les scènes internationales.

Cette nouvelle période artistique s’enrichit d’une série d’albums — Ufa, Santa milonga, Maldito tango, puis Corazón y hueso — qui imposent sa vision singulière d’un tango hybride et contemporain. Soutenu notamment par Eduardo Makaroff, il développe une œuvre reconnue en Europe comme en Amérique latine.

Toujours en mouvement, il crée plus tard le personnage du « linyera », vagabond philosophique nourrissant une trilogie d’albums entre tango, folklore et expérimentations sonores. Jusqu’à ses derniers projets, Daniel Melingo n’a cessé de brouiller les frontières entre les genres et les identités musicales.

Son œuvre, inachevée par nature, se distingue par une constante : le refus de la fin et la fidélité aux recommencements.

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