Le Vietnam figure parmi les pays les plus exposés aux répercussions des tensions au Moyen-Orient. Fortement dépendant du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, le pays a vu les prix du carburant s’envoler ces derniers jours avant de connaître une accalmie provisoire grâce à plusieurs mesures gouvernementales. Dans un pays où circulent près de 77 millions de motos et scooters, la pression reste toutefois très forte.
À Hanoï, depuis plus d’une semaine, de nombreuses stations-service sont saturées. De longues files de véhicules s’étirent parfois jusque sur les routes déjà encombrées de la capitale. Fin février, le litre d’essence RON95 coûtait environ 0,70 euro. Début mars, après plusieurs hausses successives liées aux tensions régionales, il a frôlé l’euro, soit une hausse d’environ 40 % en moins de deux semaines.
Cette situation nourrit l’inquiétude des usagers. « Beaucoup de gens font la queue parce qu’ils craignent bientôt une pénurie, explique un jeune automobiliste. Ils ont peur qu’à cause de la guerre, le carburant devienne rare. »
La crainte d’un effet domino sur les prix au Vietnam
Pour certains habitants, la hausse du carburant ne constitue pourtant qu’une partie du problème. Après près d’une heure d’attente à la station, un père de famille relativise : « Si le litre augmente de quelques milliers de dongs, ce n’est pas dramatique. C’est comme payer un café en plus. Le vrai problème, ce sont tous les prix qui suivent : l’alimentation au supermarché, les transports… Tout dépend du carburant. »
Face au risque d’inflation, le gouvernement du Vietnam a adopté plusieurs mesures d’urgence : suspension temporaire des taxes d’importation sur certains carburants et mobilisation du fonds de stabilisation afin de subventionner les prix à la pompe. Mercredi soir, le litre d’essence est ainsi redescendu autour de 0,80 euro.
Les autorités ont également appelé les entreprises à favoriser le télétravail afin de limiter la consommation de carburant, dans l’espoir de contenir la pression sur le marché.